‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 52 sur 429 · PUISSANCE FINANCIÈRE DES MÉDICIS · texte numérisé non relu

PUISSANCE FINANCIÈRE DES MÉDICIS

Ung aultre ay veü, appellé Thomas Portunay!, estre pleige ? entre ledit roy Edouard et le duc Charles de Bourgongne pour cinquante mil escuz et ung autresfoiz#, en ung aultre® lieu, pour quatre vingts mille. Je ne loue point aux marchans de ainsi le faire ; mais je loue bien à ung prince de tenir bons termes aux marchans et leur tenir verité ; car ilz ne sçavent à quelle heure ilz en pourroient avoir besoing ; car quelque foiz peu d’argent faict grand service.

Jà° semble que ceste lignée vint à faillir, comme on faict ès/ royaulmes et empires, et l’auctorité des predecesseurs nuysoit à ce Pierre de Medicis, combien que celle de Cosme, qui avoit esté le premier, fut doulce et amyable et telle que estoit necessaire en une ville de liberté. Laurens, père de ce Pierre dont nous parlons à ceste heure, pour le differant dont a esté parlé en aulcun endroit de ce livreë, qu'il eut contre ceulx de Pazzi' et aultres, dont plusieurs furent pendus (et y fuz en ce temps là), avoit prins vingt hommes pour se garder, par commendement et congié de la/ Seigneurie, laquelle com-

a. nommé et appellé éd. Dupont. — b. une autre foiz éd. Dupont. — c. aultre omis par éd. Dupont. — d. les éd. Dupont. — e. il éd. Dupont. — f. aux éd. Dupont. — g. qui P; qu'i éd. B. de Mandrot. — h. ce omis par éd. Dupont. — à. Pise P et toutes éditions; Me Dupont, t. II, p. 338, n. 2, suggère la correction qui s'impose. — j. sa P, que suit B. de Mandrot.

120,000 écus à Édouard IV, durant la guerre qui sévit alors en Angleterre, et ce sans grand bénéfice (« il fit peu de gain ») pour son maître Laurent de Médicis.

1. Thomas Portinari ou de Portinariis. Il représentait la firme des Médicis à Bruges et avait rang de conseiller du duc de Bourgogne. Il assista aux fêtes du mariage de Charles le Téméraire et de Marguerite d’York, en 1468. Il figure comme créancier d'Édouard IV dans un document publié par Duffus-Hardy, Syllabus of Rymer's Fœdera (Londres, 1873, in-80), t. II, p. 707. Nous avons cité, à propos de l’armée anglaise qui envahit la France sous Louis XI, une lettre de ce personnage datée du 24 juin 1475. Cf. notre t. II, p. 28, n. 2.

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