‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 6 sur 429 · PRÉTENTIONS DE RENÉ DE LORRAINE · texte numérisé non relu

PRÉTENTIONS DE RENÉ DE LORRAINE

ledit general; et eulx deux furent cause de ladite emprise, dont peu de gens les louoient et plusieurs les blasmoient ! : car toutes choses necessaires à une si grand emprise failloient ?.

Car le roy estoit très jeune, foible personne, plain de son« vouloir, peu acompaigné de saiges gens ne de bons chiefz. Nul argent content : car, avant que? partir, empruntèrent cent mil francs du banc de Soly à Gennes3, à quatorze pour cent d’intereste de foyre en foyrei, et en plusieurs aultres lieux, comme je diray après. Ilz n’avoient ne tantes ne pavillonsÿ, et si commencèrent en yver6 à entrer en Lombardie. Une chose avoient-ilz bonne, c’estoit une gaillarde compaignée, playne de jeunes gentilz hommes, mais en peu d’obéissance. Ainsi fault conclure que ce voyage fut conduict de Dieu tant à l’aller que au tourner; car le sens des conducteurs que j’ay dict n’y servit de guères. Toutesfoiz peuventilze bien dire qu'’ilz furent cause de donner grant honneur et grant gloire à leur maistre'.

a. bon P et éd. princeps ; son éd. Sauvage. — b. que omis par P et par B. de Mandrot. — c. à gros interest pour cent éd. Dupont. — d. mais omis par P et par B. de Mandrot. — e. ilz povoient éd. Dupont.

1. L'affirmation de notre auteur est très exacte. En particulier, Anne de Beaujeu était hostile à l'aventure.

Page 1