CONDUITE DES FRANÇAIS EN ITALIE
mye journée ou envyron devant noz gens!. Et tirèrent vers Forly, dont estoit dame une bastarde de Milan, vefve du conte Jheronime, qui avoit esté nepveu du pape Sixte, ou l’on le disoit ‘2, laquelle tenoit leur parti3. Mais noz gens luy prindrent une petite place d’assault 4, qui ne fut batueÿ que demy jour, pour quoy elle se tourna, avecques le bon vouloir qu’elle en avoit.
[2. Rapports entre les Français et les Italiens.] — Et de tous coustés le peuple d'Italie commença à prendre cueur et desiroit nouvelletésf, car ilz voïoient choses qu’ilz n’avoient point veü de leur temps. Car ilz n’entendoient point le faict de l’artillerie, et en France n’avoit jamais esté si bien entendue. Et
se tira ledit don Ferrande à Sesannef, aprouchant du royaulme, une bonne cité qui est au pape, en la marcque” d’Anconne. Mais les peuples !° leur destroussoient leurs sommiers et bagues, quant ilz les trouvoient à part; car, par toute Ytalie, ne desiroient que à se rebeller, si du costé du roy les affaires eussent esté bien conduictz et en ordre et? sans pillerie (mais tout se faisoit au contraire, dont j'’ay eu grand dueil pour l’honneur et bonne renommée que pouvoit acque-
a. neveu du pape Sixte. On disoit qu’elle tenoit éd. Sauvage ; on le disoit éd. Dupont. — b. et omis par éd. Dupont.
1. Sur le dispositif militaire du moment, il suffit de renvoyer à l'exposé très net de Delaborde, L'expédition de Charles VIII en Italie, p. 428 et suiv.