CONDUITE DES FRANÇAIS EN ITALIE
rir en ce voyage la nation de France‘) : car le peuple les adouroit ? commesaincts, estimant en nous toute foy et bonté ; mais ce propos ne leur dura guères, tant pour nostre desordre et pillerie, que aussi les ennemys preschoient le peuple en tous cartiers, nous chargeans! de prendre femmes à force et l'argent et aultres biens, où nous le povoïons trouver. De plus grans cas ne nous povoient-ilz charger en Ytalie, car ilz sont jaloux et avaricieux plus que autres. Quant aux femmes, ilz mentoient ; mais du demourant il en estoit quelque chose ?,
[CHAPITRE IX] [CHARLES VIII ET LES PisANs]
[1.] Comment Pierre de Medicis mit quatre des principalles forteresses des Florentins entre les mains du roy et comment le roy mit Pise, qui en estoit l’une, en sa liberté. — Or ay-je° laissé le roy à Plaisance, selon mon propos, où il fit faire service solempnel à son cousin germain le duc de Milanÿ. Et si
a. nation françoise éd. Dupont. — b. nous advouoit ef en variante adoroit éd. Sauvage. — c. j'ay éd. Dupont.
1. C'est-à-dire : nous accusant, nous imputant à charge. Cf. plus haut, p. 16, n. 3.
2. Les textes cités par Delaborde, op. cit., p. 440 et suiv., confirment exactement le témoignage de Commynes. Celui-ci dit, au surplus, la même chose dans une lettre publiée par Kervyn de Lettenhove, op. cit., t. II, p. 149. Sur la conduite des Français en Toscane, cf. Delaborde, op. cit, p. 483; dans l'État de Naples, Ibid., p. 575.
3. Charles VIII avait manifesté beaucoup d'émotion à la nouvelle de la mort de Jean-Galéas. Sur le service funèbre célébré et les aumônes distribuées par ordre du roi à cette occasion, cf. Desrey, Relation du voyage du roy Charles VIII pour la conquête de Naples, dans Cimber et Danjou, Archives curieuses de l’histoire de France, t. I, p. 217.