‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 63 sur 429 · RELATIONS DE CHARLES VIII AVEC FLORENCE ET MILAN · texte numérisé non relu

RELATIONS DE CHARLES VIII AVEC FLORENCE ET MILAN

croy qu'il ne sçavoit guères aultre chose que faire, veü que le duc de Milan nouveau estoit parti de luy. Et m'ont dit ceulx qui le devoient sçavoir que la compaignée fut en grant vouloir de retourner pour doubte! et se sentoit mal pourveüe : car d’aulcuns qui avoient premier loué le voyage le blasmoient, comme le grant escuier, seigneur d’Urfé?. Combien qu'il n’y fust point, mais estoit malade à Gennes, escripvit< lettres ? donnant grand souspeçon, disant avoir esté adverti. Mais, comme ay dict en d’autres endroitz, Dieu monstroit conduire l'emprise: ; et eut le roy soudaynes nouvelles que le duc de Milan retourneroit et aussi quelque sentement de Florence, pour les inimitiéz que je vous ay dictes, qui estoient contre Pierre de Medicis, qui vivoit comme s’il eust esté seigneur ; dont estoient de ses plus proches parens et beaucoup d’autres gens de bien (comme tous ces Cappons, ceulx de Sodoriny, ceulx de Nerly# et presque toute la cité) envieuxi.

Pourlaquelle cause, ledit seigneur partit, ettiraaux terres des Florentins pour les faire declairer pour luy ou pour prendre de leurs villes, qui estoient foibles, pour s’y povoir loger pour l’iver qui jà estoit encommancé. Et se tournèrent plusieurs petites places, et aussi la cité de Lucques, ennemye des Florentins, et firent tout plaisir et service au roy. Et avoit tousjours esté le conseil du duc de Milan à deux fins : afin qu’on ne passast point plus avant de la saison‘, et aussi qu’il

a. escript P ; il escripvit éd. Dupont. — b. une lettre éd. Dupont. — c. l’entreprise éd. Dupont.

1. C'est-à-dire : à raison de l'incertitude où l’on se trouvait.

2. Le sire d’Urfé avait été un des premiers partisans de la guerre d'Italie, d’après une dépêche de Belgiojoso citée par Delaborde, L'expédition de Charles VIII en Italie, p. 330.

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