LA SUCCESSION DE LA MAISON D'ANJOU
Estant le roy dont j’ay parlé“ en l’eage de son couronnement, qui fut de xtrI1 ou xv ans!, vint vers luy le duc de Lorreyne? demander la duchié de Bar, que le roy Loys tenoit, et la conté de Prouvence, que le roy Charles d'Anjou, son #” cousin germain, laissa audit roy Loys unzeiesme par son trespas et testament, car il mourut sans enffans. Le duc de Lorreyne la vouloit dire sienne, pour ce qu’il estoit filz de la fille du roy Regné de Cecille, duc d'Anjou et conte de Prouvence, et disoit que ledit roy Regné luy avoit faict tort et que le roy Charles‘3, dont j’ay parlé, n’estoit que son nepveu, filz du conte* du Mayne ; et l’autre disoit que Prouvence ne pouvoit aller à fille par leurs testaments. En effect, Bar fut rendu, où le roy ne demandoit que une somme d'argent ; et, pour avoir grant faveur et grands amys (et par especial le duc Jehan de Bourbon, qui estoit vieil et vouloit espouser sa
a. je parle éd. Dupont. — b. son omis par B. de Mandrot, quoique figurant dans P, comme dans les éditions antérieures. — c. et que le roy Charles huitiesme dont je parle éd. princeps; et que le roi Charles d'Anjou (dont je parle) éd. Dupont. — d. L'éd. princeps, suivie par l'éd. Dupont, ajoute : et luy estoit fils de sa fille et que le roy Charles huitiesme dont je parle n’estoit que son neveu, filz de sa soeur et soeur du conte du Mayne. Ce sont là des remaniements inutiles du texte, que P fournit exactement.
1. Né le 30 juin 1470, Charles VIII fut couronné le 30 mai 1484. Ici, notre auteur revient en arrière, afin d'expliquer les revendications de Charles VIII sur Naples.
2. René de Lorraine, petit-fils du « roi René » par sa mère Yolande. Celle-ci avait engagé le duché de Bar à Louis XI; elle avait engagé, d’autre part, à son neveu, Charles d'Anjou, comte du Maine, le reste de ses biens et ses droits sur Naples. Or Charles d'Anjou, à son tour, laissa, à sa mort, tous ses droits à Louis XI. René, contestant le testament de son grand-père, revendiqua le Barrois et la Provence, dont Louis XI s'était saisi.
3. C'est-à-dire Charles d'Anjou, fils de Charles d'Anjou, comte du Maine, dont il a été souvent question dans la première partie des Mémoires (cf. notre Index). Charles VIII n'était, en effet, que neveu de ce dernier.