C'est-à-dire : le milieu de la nuit
72 LES FORCES ADVERSES EN PRÉSENCE (26 sept. 1465)
bardé. Il portoit ung habillement que ces conducteurs! portent en Italie, et sembloit bien prince et chef de guerre, et tiroit tousjours droit aux barrières de nostre ost?, pour garder les gens de saillir. Et y avoit d’obeissance autant que mondit seigneur de Charroloys, et luy obeissoit tout l’ost de bon cueur, car à la verité il estoit digne d’estre honoré.
En ung moment, tout l’ost fut en armes et à pied au long des charriotz par le dedans, sauf quelque deux cens chevaulx qui estoient dehors? au guet. Excepté ce jour, ne congneu jamais que on eust esperance de combattre, mais ceste fois chascun se y actendoit. Et sur ce bruyt, arrivèrent les ducs de Berry et de Bretaigne, que jamais ne vey arméz que ce jour. Le duc de Berry estoient armé de toutes pièces. I1z avoyent peu de gens. Ainsi, ilz passèrent par le champ et(se misdrent\ung peu au dehors pour trouver messrs de Charroloys et de Calabre, et là parloyent ensemble. Les chevaucheurs qui estoient enforcéz allèrent plus près de Paris et veirent plusieurs chevaucheurs qui venoient pour savoir ce bruyt en l’ost.
Nostre artillerie avoit fort® tiré quant ceulx de monsr du Lau s’en estoient approchéz si près. Le roy avoit bonne artillerie sur la muraille, à Paris, qui tira plusieurs coups jusques en nostre ost; qui est grant choseë, car il y a deux lieues, mais je croy bien que on avoit levé aux bastonsi le nez bien hault. Ce bruyt d’artillerie faisoit croire de tous les deux costéz quelque grant entreprise; le temps estoit fort obscur et trouble, et noz chevaucheurs, qui s’estoient fort
a. M donne la même leçon; emouvement À; mouvement P. — b. dehors omis par M.— c. fort omis par P, mais se trouve dans A, Bet M comme dans D.