Ancenis (Loire-Inférieure
NÉGOCIATIONS DU ROI ET DU TÉMÉRAIRE (OCt. 1468) 123
/deporter de ceste entreprinse, veü qu’ilz estoient comprins en sa trefve et ses alliéz. N’ayant responce à son plaisir, ledict duc se mist aux champs près la ville de Peronne, avec grant nombre de gens. Le roy estoit à Compiengne, et son armée tousjours en Bretaigne.
Comme ledict duc eut sejourné trois ou quatre jours, vint, de par le roi, le cardinal Ballue, embassadeur, qui peu y arresta! et fist aucunes ouvertures, disant audict duc que ceulx qui estoient en Bretaigne pourroient bien accorder sans luy. Tousjours estoient les fins du roy de les separer. Tost fut depesché ledict cardinal et luy fut fait honneur et bonne chère; et s’en retourna avec ces parolles que ledict duc ne s’estoit point mys aux champs pour grever le roy ny faire guerre, mais seulement pour secourir ses alliéz; et n’y avoit que doulces parolles d’ung costé et d’autre.
Incontinent après le partement dudict cardinal, arriva devers ledict duc ung herault appellé Bretaigne, et luy apporta lettres des ducz de Normandie et de Bretaigne, contenans comme ilz avoient faict paix avecques le roy et renoncé à
| toutes les alliances, et nomméement à la sienne?, et que, |pour tous partaiges, devoit avoir ledict duc de Normandie soixante mille livres de rente et renoncer® au partaige de Normandie, qui naguères luy avoit esté baillé. De cecy n’estoit point trop contant ledict monsr Charles de France; mais il estoit force qu’il dissimulast.
Bien fort esbahy fut? ledict duc de Bourgongne de ces nouvelles, veü qu’il ne s’estoit mys aux champs que pour secourir les ducz dessusdictz, et fut en très grant dangier ledict herault; et cuyda ledict duc, pour ce qu’il estoit passé
a. et renoncer manque dans P, qui donne à recepvoir au. B. de Mandrot ajoute [lieu du]. Et recevoir au M. — b. bien fort fut esbay À.