L'arrivée de Balue date du 2 octobre
2. Dom Morice, Mémoires pour servir de preuves, t. III, p. 188, donne le texte du traité d’Ancenis (10 septembre 1468). Cf., sur tous ces événements, H. Stein, Charles de France, p. 257 et suiv.
124 NÉGOCIATIONS DU ROI ET DU TÉMÉRAIRE (OCt. 1468)
par le roy, qu’il eust contrefait ces lettres. Toutesfois il eut les semblables lettres par autre lieu.
11 sembla bien lors au roy qu'il estoit à la fin de son intencion! et que aiséement il gaigneroit? ledict duc à semblablement habandonner® lesdictz ducz dessus nomméz. Et commancèrent à aller messaiges secretz de l’un à l’autre; et finablement donna le roy audict duc de Bourgongne six vingtz mille escuz d’or, dont il paya la moytié contant, avant se lever du champ, pour les despens qu’il avoit faictz à mectre sus l’armée.
Ledict duc envoya devers ledict seigneur ung sien varlet de chambre appellé Jehan Boscise?3, homme fort privé de luyi. Le roy y print grant fiance et eut vouloir de parler audict duc, esperant le gaigner de tous pointz à sa volunté, veü les mauvais tours que les deux ducz dessusdictz luy avoient faictz, et veü aussi ceste grant somme d’argent qu’il luy avoit donné, et en manda quelque chose audict duc par ledict de Bosuse*, et envoya avecques luy de rechef ledict cardinal Ballue et messire Taneguy du Chastel, gouverneur de Rossillon, monstrans par leurs parollés que le roy avoit très grant desir que ceste veüe se feïst. I1z trouvèrent ledict duc à Peronne, lequel n’en avoit point trop d’envye, pour ce que encores les Liégeois faisoient signe de se vouloir rebeller, à cause de deux embassadeurs que le roy leur avoit envoyé pour les solliciter de ce faire avant ceste trève, qui estoit prinse pour peu de jours, avec les deux ducs et tous autres alliézä.
a. semblable habandonne des D. Nous rétablissons le texte d'après les autres manuscrits. Le scribe de D a mal lu. — b. Le scribe de D avait mis d'abord Bosuse et a corrigé ensuite Boscise. — c. La correction n'a pas été faite ici par le scribe de D. Cf. la note précédente. — d. Nous suppléons ici d'après les autres manuscrits, notamment M et P, cette fin de phrase : pour peu de jours... allyéz, étant omise par le scribe de D.
1. Entendez : qu’il était parvenu aux fins de ses intentions.