C'est-à-dire : son intime
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LOUIS XI A PÉRONNE (9 octobre 1468) 125
A quoy respondirent lesdictz Liégeois ausdictz embassadeurs qu’ilz ne le oseroient faire, veü qu'il les avoit destruictz l’an passé et abbattu leurs murailles, et quant ilz verroient cest appoinctement, si leur en passeroit le vouloir, si aucun en avoient eu. Toutesfois finablement® fut conclud que le roy viendroit à Peronne, car tel estoit son plaisir. Et luy escripvit ledict duc une lettre de sa main portant seüreté d’aller et tourner bien ample!. Ainsi partirent lesdictz ambassadeurs et allèrent devers le roy qui estoit à Noyon. Ledit duc, cuydant donner ordre au faict du Liége, feit retirer l’evesque du Liége pour lequel estoit tout ce debat audict pays; et se retira avecques luy le seigneur de Humbercourt, lieutenant dudict duc au pays, et plusieurs autres ?.
[CHAPITRE VI
COMMENT LE ROY ALLA A PERONNE POUR VEOIR LE DUC DE BOURGONGNE ET DE L’ARREST QU'IL EUT AUDICT PERONNE ET COMME LEDICT DUC LE CONTRAIGNIT D’ALLER EN LIÉGE AVECQUES LUY‘.
Vous? avez entendu par quelle manière avoit esté conclud que le roy viendroit à Peronne. Et ainsi le fist, et n’amena nulle garde, mais vouloité venir de tous poinctz à la garde
Let seüreté dudict duc. Et voulut que monsr des Cordes luy
a. ainsi P au lieu de toutesfoiz finablement. — 6. M et P ajoutent acompaignéz. — c. Titre en rouge dans D. — d. voullut P.
1. Dom Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, preuves, col. cezvin, et Lenglet, édition de Commynes, t. III, p. 19, donnent ce texte capital. La lettre ducale est datée du 8 octobre 1468.
2. Nous commençons ici le chapitre vi, que les précédents éditeurs ne commencent qu’au développement débutant par les mots « Grant follie ». Cf. ci-après, p. 128.
126 LOUIS XI A PÉRONNE (9 octobre 1468)
vint au devant avecques les archiers dudict duc, à qui il estoit pour lors, et pour le conduyre. Ainsi fut faict. Peu de gens vindrent avec luy. Toutesfois y vindrent de grans personnaiges, comme le duc de Bourbon, son frère le cardinal de Bourbon, le conte de Sainct Pol, connestable, qui en riens ne s’estoit meslé de ceste venue, mais luy en desplaisoit, car pour lors le cueur luy estoit creü? et ne se trouvoit pas humble envers ledict duc comme autresfois, et pour ceste cause n’y avoit nulle amour entre les deux. Aussi y vint le cardinal Ballue, le‘ gouverneur de Rossillon3 et autres.
Comme le roy approcha de la ville de Peronne ledict duc
luy alla au devant, bien fort accompaigné, et l’amena en la ville et le logea chez le receveur, qui avoit belle maison, et près du chasteau; car le logeiïs dudict chasteau ne valloit riens et y en avoit peu.
” La guerre entre deux grans princes est bien aisée à commencer, mais très mal aiséeb à rapaiser‘, pour les choses qui y adviennent et qui en dependent; car maintes dilligences se font de chascun costé pour grever son ennemy, qui si soudainement* ne se peuent rapeller, comme avoient fait ces deux princes qui avoient entreprins ceste veüe si soudain/, sans advertir leurs gens qui estoient au loing; lesquelz accomplissoient de tous les costéz les charges que leurs maistres leur avoient baillées.
Le duc de Bourgongne avoit mandé l’armée de Bourgongne, où, pour ce temps là, avoit grant noblesse. Avecques eulx venoient monseigneur de Bresseÿ, l’evesque de Ge-
a. et P. — b. mauvaise P au lieu de mal aisée. — c. appaiser P.—d. faict P.—e. est soudain mouvement P au lieu de si soudainement. — f. soubdainement P.