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ARRIVÉE DEVANT LIÉGE (26 octobre 1468) 147
que à grant peine eust-il sceü faillir à estre le plus fort et que la maïistrise ne luy en fust demourée.
Ainsi fut ordonné que ledict mareschal de Bourgongne, et tous ceulx dont j’ay parlé, qui estoient en sa compaignye, iroyent loger en ladicte cité et, si on la leur reffusoit, ilz y entreroient par force, s’ilz povoient; car jà y avoit gens de la cité allans et venans pour appoincter. Et vindrent les dessusdictz à Namur. Et le lendemain, le roy et ledict duc y arryvèrent!, et les autres en partirent. Approchant de la cité, ce fol peuple saillit au devant d’eulx, et ayséement fut desconfit, au moins ung bon nombre. Le demourant se retyra. Et eschappa leur evesque, lequel vint devers nous.
Il y avoit ung legat du pape? envoyé pour paciffer et congnoistre du different de l’evesque et du peuple, car tousjours estoit en sentence d’excommuniementà pour les oflences et raisons devant dictes. Cedict legat, excedant sa puissance et, sur esperance de soy faire evesque de la cité, favorisoit ce peuple et leur commanda prendre les armes et se deffendre et d’autres follies assezi. Ledict legat, voyant le peril où estoit ceste cité, saillit pour fuyr. Il fut prins, et tous ses gens, qui estoient quelque vingt cinq bien montéz. Dès ce que ledict duc le sceüt, il fist dire à ceulx qui l’avoient qu’ilz le transportassent sans luy en riens dire* et qu’ilz en feïssent leur prouffit, comme d’un marchant; car, si publicquement il venoit à sa congnoissance, il ne le pourroit retenir, mais le feroit rendre pour l’honneur du siège apos-
a. sans luy en riens dire omis par M.