octobre. Cf. Lenglet, loc. cit
2. Ce légat était l’évêque de Tricarico (Basilicate), Onofrio de Santa Croce. Cf. le Mémoire du légat Onufrius sur les affaires de Liége, publié par St. Bormans (Bruxelles, 1882) et dont G. Kurth a largement tiré parti dans son chapitre sur la destruction de Liége (La cité de Liége au moyen âge, t. III, p. 268-354).
3. Cf. ci-dessus, p. 121. Le légat avait relevé les Liégeois de l’'excommunication le 8 mai.
4. G. Kurth (La cité de Liége au moyen âge, t. III, p. 370-373) a discuté cette assertion de Commynes et tenté de justifier la conduite du légat.
148 ARRIVÉE DEVANT LIÉGE (26 octobre 1468)
tolicque. I1z ne le sceürent faire, mais en eurent debat, et publicquement, à l'heure du disner, luy en vindrent parler ceulx qui y disoient avoir part. Et incontinent l’envoya mectre en sa main et leur osta et feïst rendre toutes choses et l’honnora.
Ce grant nombre de gens qui estoit en ceste avantgarde, conduitz par ledict mareschal de Bourgongne et le® seigneur de Humbercourt, tyrèrent droit à la cité, estimans y£ entrer; et, meüz de grand avarice, aymoient myeulx la piller que accepter® appoinctement qui leur fut offert. Et leur sembloit n’estre jà besoing d’attendre le roy et le duc de Bourgongne, qui estoyent sept ou huyct lieues derrière eulx. Et s’avancèrent tant qu’ilz arrivèrent en ung faulxbourg à l'entrée de la nuyct et entrèrent à l’endroit de la porte, qu’ilz! avoyent quelque peu reparée*. En quelque parlement, ilz ne se accordèrent point. La nuyct bien obscure les surprist. I1z n’avoient point faict de logeïs, et aussi n’y avoit point de lieu suffisant, et estoient en grant desordre. Les ungs se pourmenoient, les autres appelloient leur maistre ou leur compaignie/ et les noms de leurs cappitaines.
Messire Jehan de Wilde?s et autres des cappitaines de ces Liégeois veïrent ceste follie et ce mauvais ordre* et prindrent cueur. Et leur servit leur inconvenient, c’est assavoir la ruyne de leurs murailles, car ilz sailloient par où ilz vouloient; et saillirent par les bresches de leurs murailles et vindrent de front aux premiers, maïs par des vignes et petites montaignes coururent sus aux paiges et varletz qui estoient au bout du faulxbourg par où ilz estoient entréz, où ilz se pourmenoient grant nombre de chevaulx et en tuèrent très large-
| ment. Et grant nombre de gens se misdrent en fuyte, car la nuyct n’a point de honte. Et tant exploictèrent, qu’ilz tuèrent
a. ledict P. — b. y omis par P. — c. achecter B; achapter P. — d. arrière P, au lieu de derrière eulx. — e. dereppairé M et P.— f. compaignon P. — g. Wilide D. — h. C’est la leçon de tous les manuscrits, sauf P qui a maulvais desordre.