‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 212 sur 315 · Cf. ci-dessus, p. 106, n · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 106, n

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156 SORTIE DES LIÉGEOIS (29 octobre 1468)

Toutesfois il s’en faillut bien® peu qu’ilz n’en vinsent à leur intencion.

Et, comme ilz avoient conclud, saillirent ces six cens hommes de Franchemont par les brèches de leurs murailles; et croy qu’ilzt n’estoient point encores dix heures du soir; et attrappèrent la pluspart des escoutes et les tuèrent; et, entre les autres y moururent troys gentilz hommes de la maison dudict® duc de Bourgongne. Et s’ilz eussent tiré tout droit, sans eulx faire ouyr jusques à ce qu’ilz eussent esté là où ilz vouloient aller, sans nulle difficulté ilz eussent tué ces deux princes couchéz sur leurs lictz. Derrière l’hostel dudict duc, y avoit ung pavillon, où estoit logé le duc d'Alençon qui est aujourd’uy!, et monsr de Craon? avecques luy. I1z se y arrestèrent ung peu et donnèrent des coups de picque au travers et tuèrent quelque varlet. Il en sortit bruyt en l’armée, qui fut cause‘ que quelque peu de gens se armèrent, au moins se misdrent debout. Ilz laissèrent ces pavillons et vindrent tout droit aux deux maisons du roy et dudict duc de Bourgongne. La granche dont j'ay parlé, où ledict duc avoit mys trois cens hommes d’armes, estoit rasibus desdictes deux maisons, où ilz se amusèrent, et à grans coups de picques donnèrent par ces trouz qui avoient esté faitz pour saillir. Tous ces gentilz hommes s’estoient desarméz n’avoit pas deux heures, comme j’ay dit, pour eulx refraischir pour l’assault du lendemain*. Ainsi les trouvèrent tous ou peu s’en failloitf, desarméz. Toutesfois aucuns avoient gecté leurs cuyrasses sur eulx, pour le bruyt qu’ilz avoient ouy au pavillon de monsr d’Alençon, et combattoient à eulx par ces trouz et à l’huys, qui# fut totallement la saulveté de ces deux grans princes, car ce delay donna espace à plusieurs gens d’eulx? armer et de saillir en rue.

a. P omet bien. — b. qu’il 4. — c. du P. — d. occasion P. — e. de demain P. — f. faillit À; faillut P. — g. de soy P.

1. René du Perche, qui ne devint duc d’Alençon qu’à la mort de son père, Jean, en 1476.

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