C'est-à-dire : ce qui
SORTIE DES LIÉGEOIS (29 octobre 1468) 157
J’estoie couché en la chambre dudict duc de Bourgongne, qui estoit bien petite, et! deux gentilz hommes qui estoient de sa chambre; et au dessus y avoit douze archiers seulement, qui faisoient le guet et estoient en habillement? et jouoient aux déz. Son grant guet estoit loing de luy et vers la porte de la ville. En effect, l’hoste de sa maison tira une bende de ces Liégeois et vint assaillir sa maison, où ledict duc estoit dedans, et fut tout cecy si soudain que à grant peine peüsmesnous mestre audict duc sa cuyrasse sur luy et une sallade en la teste. Et incontinent descendismes le degré pour cuyderé saillir enc la rue. Nous trouvasmes nos archiers empeschéz à defendre l’huys et les fenestres contre les Liégeois, et y avoit ung merveilleux cry en la rue. Les ungs : « Bourgongne! » les autres : « Vive le roy! » et « Tuez! ». Et fusmes l’espaced de plus de deux patenostres avant que ces archiers peüssent saillir de ladicte maison, et nous avecques eulx.
Nous ne sçavions en quel estat estoit le roy ne desquelz il estoit, qui nous estoit grant doubte. Et dès que nous fusmes hors de la maison, avecques deux ou trois torches, trouvasmes aucunes autres torches® et veïismes gens qui se combattoient à l’environ de nous; mais peu dura, car il sailloit des gens de tous costéz venans au logeïs dudict duc.
Le premier homme des leurs qui fut tué fut l’hoste dudict duc, lequel ne mourut pas si tost, et l’ouy parler. Ilz furent tous mortz ou peu s’en faillut. Aussi bien assaillirent la maison du roy, et entra son oste dedans, et y fut tué par les Escossois, qui se monstrèrent bien bonnes gens, car ilz ne bougèrent du pied de leur maistre et tirèrent largement flesches, dont ilz blessèrent plus de Bourguygnons que de
a. cette À; la P.— b. Mot omis par Det que nous rétablissons d’après P. — c. à P. — d. P omet l’espace, que B. de Mandrot restitue. — e. en trouvasmes aulcunes aultres P.