‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 214 sur 315 · Vêtus et armés · texte numérisé non relu

Vêtus et armés

3. Le récit de Haynin, éd. Chalon, t. I, p. 140, corrobore et complète celui de Commynes.

158 L'ATTAQUE DÉCIDÉE (29 octobre 1468)

Liégeoys. Ceulx qui estoient ordonnéz à saillir par la porte saillirent, mais ilz trouvèrent largement gens au guet, et qui jà s’estoient assembléz, qui tost les rebouttèrent et ne se monstrèrent pas si aspres que les autres1{.

Dès ce que ces gens furent ainsi reboutéz, le roy et le‘ duc parlèrent ensemble. Et pour ce que l’on veoit beaucoup de gens mortz, ilz eurent doubte que ce ne fussent des leurs. Toutesfois peu se y en trouva, mais de blesséz beaucoup. Et ne fault point doubter que, s’ilz? ne se fussent amuséz en ces deux lieux dont j’ay parlé, et par especial à la granche où ilz trouvèrent resistence, et eussent suyvizt ces deux hostes qui estoient leurs guydes!', ilz eussent tué le roy et le duc de Bourgongne et, croy, desconfit le demourant de l’armée. Chascun de ces deux seigneurs se retira en son logeïs, très esbahiz de ceste hardye entreprinse, et tost se meïsdrent en‘ conseil, sçavoir qu’il seroit à faire l'endemain ouchant cest assault qui estoit deliberé. Et entra le roy en grans doubtes. La cause estoit/ pour ce que’, si ledict duc failloit à prendre ceste cité d’assault, que le mal en tumberoit sur luy, et qu’il seroit arresté! ou prins de tous pointz, car ledict duc auroit paour que s’il partoit, qu’il ne luy feïst la guerre d’autre costé.

Icy voiez-vous la miserable condicion de ces deux princes, qui pour nulle voye ne ne se sceürent asseürer l’ung de l’autre. Ces deux icy avoient faict paix finalle, n’y avoit point quinze jours, et juré si solennellement de la loyaument en-

a. ledict P. — b. saulvéz À. — c. guydons À. — d. lost P. — e. P intercale leur. — f. et en estoit la cause P. — g. qu’il avoit paour que P. — h. en dangier d’estre arresté P.

1. Sur cette mémorable sortie du samedi 29 octobre, voir le récit de G. Kurth, La cité de Liége au moyen âge, t. III, p. 320- 327, et sa discussion du récit de Commynes, p. 385-388. La sortie fut conduite par Gossuin ou Goes, de Streel en Hesbaye. Sur ce personnage, cf. Kurth, Zbid., p. 288-280.

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