C'est-à-dire : les traces
PRISE DE LIÉGE (30 octobre 1468) 163
missaires pour aller par tout son pays faire executer le mandeos du pape!.
Ainsi, la cité prinse et pillée environ le mydi, retourna le duc au palais. Le roy avoit jà disné, lequel monstroit grant signe de joye de ceste prinse et louoit fort le grant couraige et hardiesse dudict duc; et entendoit bien qu’il luy seroit rapporté; ny n’avoit en son cueur autre desir que de s’en retourner en son royaulme. À l’après disnée, ledict duc et luy se veirent en grant chère, et si le roy avoit loué ses œuvres en derrière, encores les loua-il myeulx en sa presence?, et y prenoit ledict duc plaisir.
Je retourne ung peu à parler de ce pouvre peuple qui fuyoit de la cité, pour confermer quelques parolles que j’ay dictes au commencement de ces memoires2, où j'ay parlé des malheurs que j’ay veü suyvre les gens après une bataille perdue ou quelque autre perte beaucoup moindre. Ces miserables gens fuyoient par le pays d’Ardaine avecques femmes et enfans. Ung chevalier demourant au pays, qui avoit tenu leur party jusques à celle heure, en destroussa une bien grande: bende et, pour acquerir la grace du vainqueur, l’escripvit audict duc de Bourgongne, faisant encores le nombre des mors et prins plus grant qu'il n’estoit (toutesfois en y avoit-il largement3) et par là feït son appoinctementi. Autres fuyoienté à Mezières sur Meuze, qui est au royaulme; deux ou trois de leurs chefs de bendes y furent prins, dont l’ung
a. P seul donne : « Ainsi la cité fut prise. Environ... » La version des autres manuscrits doit être préférée. — b. personne B. — c. bien une grande P. — d. fouyrent P.
1. Sur ce point, nous avons la confirmation de Thomas Basin, Historiarum Ludovici XI, lib. Il, cap. xxiv, éd. J. Quicherat, t. Il, p. 205.