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180 INTRIGUES AUPRÈS DE CHARLES DE FRANCE (févr. 1471)
riage dudict duc de Guyenne avecques la seulle fille et heritière dudict duc de Bourgongne!, car il n’avoit point de filz et plusieurs fois avoit esté requis ledict duc de Bourgongne de ce mariage, et tousjours se y estoit accordé, mais jamais ne voulut conclure et en tenoit encores parolles à d’autres.
Or regardez quel tour ces gens prenoient pour cuyder parvenir à leur intencion et contraindre ledict duc de baïller sa fille. Car, incontinent que ces deux villes furent prinses et ledict duc retourné à Arras, où il amassoit gens tant qu’il povoit, le duc de Guyenne luy envoya ung homme secret, lequel apporta trois lignes de sa main en ung loppin? de cire et ploiéz bien menus, contenans ces motz : « Mectez peine de contenter voz subjectz et ne vous souciez, car vous trouverez des amys. »
Le duc de Bourgongne, qui estoit en craincte très grande du commencement, envoya ung homme devers le connestable luy prier ne luy vouloir faire le pis qu’il pourroit bien et ne presser point asprement ceste guerre, qui luy estoit encommencée sans l’avoir deffié ne semons de riens. Ledict connestable fut fort aise de ces parolles, et luy sembla bien qu’il tenoit ledict duc, lors où“ il le demandoit3 en ceste grant doubte. Si luy manda pour toute responce® qu'il veoit son faict en bien grant peril et qu’il ne congnoissoit remedde que ung pour en eschapper : c’estoit qu’il donnast sa fille en mariage au duc de Guyenne et que, en ce faisant, il seroit secouru de grand nombre de gens et se declaireroit ledict duc de Guyenne pour luy et plusieurs autres seigneurs et que lors luy rendroit Sainct Quentin et se mec-
a. où omis par D, rétabli d’après P. — b. toutes responces À.
1. Marie de Bourgogne. Sur ce projet de mariage, voir H. Stein, Charles de France, p. 399 et suiv.