Le sens est : du moment qu'il recourait à lui
INTRIGUES AUPRÈS DE CHARLES DE FRANCE (févr. 1471) 181
troit des leurs; mais que, sans ce mariage et veoir! ceste declaration, il ne se y oseroit mectre, car le roy estoit trop puissant et avoit son fait bien accoustré et grandes intelligences ès pays dudict duc, et toutes parolles semblables de grant espoventement.
Je ne congneü oncques bonne yssue d'homme qui ait voulu espoventer son maïistre et de le tenir“ en subjection ou ung grant prince de qui on a affaire, comme vous entendrez de ce connestable?.)Car, combien que le roy fust lors son maistre, si avoit-il la pluspart de son vaillant et ses enfans soubz ledict duc; mais tousjours a usé de ces termes de les vouloir tenir en craincte tous deux et l’ung par? l’autre, dont mal luy est prins. Et, combien que toute personne serche à se mectre hors de subjection et craincte et que chascun® hayeä ceulx qui les y tiennent, si n’y en a-il nulz qui en cest article approchent les princes, car je n’en congneü oncques nulz qui n’ayent mortelle hayne à ceulx qui les y ont voulu tenir.
Après que ledict duc de Bourgongne eut ouy la responce du connestable, congneüt bien que en luy ne trouveroit nulle amitié et qu’il estoit principal conducteur de ceste guerre. Conceüt une merveilleuse hayne contre luy, qui jamais depuis* ne luy partit du cueur, et principallement que pour telles doubtes le vouloit contraindre à marier sa fille. Jà luy estoit un peu revenu le cueur et avoit recueilly beaucoup gens/. Vous entendez maintenant par ce que manda le duc de Guyenne et puis le connestable que
a. et detenir P.— b. pour P.—c. et aulcunes foiz P.— d. hait P.—e. P seul ajoute : et deliberoit se mettre aux champs. — f. Mot omis par P; M écrit despuis.