‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 242 sur 315 · C'est-à-dire : intriguer · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : intriguer

188 ÉTATS D’ABBEVILLE (22 juillet 1471)

nestable se repentoit et contremandoit; dont à la fin mal luy en prinst : car il cuydoit, pour la situation là où il estoit et le grand nombre de gens que le roy luy payoit, les tenir tous deux en craincte par le moyen du discord où ilz estoient, auquel il les entretenoit; mais son entreprinse estoit très dangereuse, car ilz estoient trop grans, trop forz et trop habilles tous deux®.

Après ces armées? departies, le roy s’en alla en Touraine! et le duc de Guyenne-en son pays et le duc de Bourgongne au sien. Et demourèrent une pièce? les choses en cest estat. Et tint le duc de Bourgongne grant assemblée d’estatz en son pays pour leur remonstrer le dommaige qu’il avoit eu des gens d’armes prestz que avoit le roy et que, s’il eust eu le nombre de cinq cens hommes d’armes prestz pour garder les frontières, que jamais le roy n’eust entreprins ceste guerre et fussent demouréz en paix. Et leur mectoit en avant les dommaiges qui estoient près de leur en advenir, et les pressoit fort qu’ilz luy voulsissent donner le payement de huyct cens lances. Finablement, ilz luy donnèrent six vingtz mil escuz oultre et par dessus ce que luy donnoient par avant, et en cecy n’estoit pas comprinse Bourgongne.

Mais grand doubte faisoient ses subjectz, et, pour plusieurs raisons, de se mectre en ceste subjection où ilz veoient le royaulme de France, à cause de ces gens d’armes de France. A la verité, le grand doubte n’estoit pas sans cause,

a. P omet tous deux. — b. armes D. Nous rectifions d'après les autres manuscrits. — c. Même leçon dans tous les manuscrits. P, qui avait le même texte, a corrigé après coup de France en de ordonnance.

1. Dans la seconde quinzaine de juillet seulement, car le roi est à Amiens pour Pâques et en juin à Ham. Cf. H. Stein, Charles de France, p. 419.

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