INTRIGUES DU DUC DE CLARENCE
estre amy d'Angleterre, qu’il meïst peine de mettre la paix, non point la guerre; et le disoit pour ceste armée qui estoit contre monsr de Warvic. Me dist, davantage, qu’il seroit aisé à appoincter, car ce jour estoit passé une damoyselle par Callaix, qui alloit en France devers madame de Clarance, laquelle“ portoit ouverture de paix de par le roy Edouard.
Il disoit vray, mais comme il abusoit les autres il fut deceü de ceste damoiselle, car elle alloit pour conduyre ung grant marchéi, et le mist à fin au prejudice dudict conte de Warvic et de toute sa sequelle?. De ces secrettes? habilitéz ou tromperies, qui se sont faictes en noz contrées de deçà, n’entendrez-vous plus veritablement de nulle autre personne, au moins de celles qui sont advenues puise vingt ans. Le secret que portoit ceste femme estoit remonstrer à monsr de Clarance qu’il ne voulsist point estre cause de destruire sa lignée pour aider à remectre en auctorité celle de Lanclastre et qu’il considerast leurs anciennes haynes et offences; et qu’il povoit bien penser que, puisque ledict conte avoit fait espouser sa fille au prince de Galles, qu’il tascheroit de le faire roy d'Angleterre, et jà luy avoit faict hommaige. Si bien exploicta ceste femme qu’elle gaingna ledict seigneur de Clarance, lequel promist se tourner de la part du roy son frère, mais qu’il fust en Angleterre.
Ceste femme n’estoit pas folle ne legière de parler’; elle eut loysir d’aller vers sa maïistresse; et pour ceste cause y alla-elle plus tost que ung homme. Et quelque habile homme que fust monsr de Vaneloc/, ceste femme le trompa et conduysit ce mystère, dont fust deffaict et mort le conte
a. qui P. — b. secretz P. — c. P a plus de, qui n’a guère de sens. — d. de parolle À. — e. abille D. — f. Vaucloe D.