UTILITÉ DE NÉGOCIER CONTINUELLEMENT
choses dessusdictez et faire faire bon guet! quelz gens
roient parler à eulx, qui“ seroient envoyéz tant de jour que de nuyct, mais le plus secrettement que l’on peült. Et pour ung messaige ou? embassadeur qu’ilz m’envoyeroient, je leur en envoyeroie deux; et, encores qu’ilz s’en ennuyassent, disans que on n’y renvoyast plus, si y vouldroys-je renvoyer quant j'en auroye opportunité et le moyen. Car vous ne sçauriez envoyer espie? si bonne ne si seüre ne qui eust si bien loy# de veoir et d'entendre. Et si voz gens sont deux ou troys, il n’est possible que on se sceüst si bien donner garde que l’ung ou l’autre n’ait quelques parolles, ou secrettement ou autrement, à quelcun : j’entendz tenans termes honnestes, comme on tient à embassadeurs. Et est de croire que ung saige prince mect peine tousjours d’avoir quelque amy ou amys avec partie adverse et s’en garde comme il peult. Car, en telz choses, on ne faict point comme on veult.
On pourra dire que vostre ennemy en sera plus orguilleux. Il ne me‘ chault. Aussid sçauray-je plus de ses nouvelles. Car, à la fin du compte, qui en aura le prouffit en aura l’honneur. Et, combien que les autres pourroient faire le semblable chez moy, si ne laisserois-je point à envoyer, et à ceste fin entretiendroye toutes praticques sans en rompre nulle pour tousjours trouver matière. Et puis les ungs ne sont pas tousjours si abilles que les autres ne si entenduz ny n’ont tant veü d’experiences de ces matières ny aussi n’ont tant de besoing; et en ces cas icyi les plus saiges le‘ gaignent.
fre les entretenir toutes et ouyr tous messaiges faisans les
a. B intercale leur et P vous. — b. ou manque dans D. — c. m'en P. — d. car ainsi P. — e. y P; M omet le mot.