‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 273 sur 315 · Philibert de Savoie, duc de 1472 à · texte numérisé non relu

Philibert de Savoie, duc de 1472 à

et puis avec le duc Maximilian d’Aultriche, roy des Romains aujourduy et seul filz de l’empereur Federic®. Cestuy-là eut lettres escriptes de la main® de la fille par commendement du père et ung dyamans?. Toutes ces promesses se feïrent en moins de troys ans de distance; et suys bien seür que avecques nul n’eust accomply tant qu’il eust vescu, au moins de son consentement. Mais ledict duc Maximilian, puis roy des Romains, s’est aidé de ceste promesse, comme je diray cy après. Et ne compte pas ces choses pour donner charge à celuy ou ceulx dont je parle, mais seulement pour dire les choses comme les ay veü advenir. Et aussi faiz mon compte - que-bestes-ne simples gens ne. s’amuseroient point à lire ces Memoires, mais princes ou gens de cour y trouveront.de.bons-advertissemens à mon advis. |

Tousjours en parlant de ce mariage se parloit d’entreprinses nouvelles contre le roy. Et estoient avec le duc de Bourgongne le seigneur d’Urfé, Poncet de Rivières, et plusieurs autres petiz personnaïiges, qui alloient et venoyent pour le duc de Guyenne; et estoit l’abbé de Begar?, puys evesque de Leon, pour le duc de Bretaigne et remonstroit audict duc de Bourgongne que le roy praticquoit les serviteurs audict‘ duc de Guyenne et en vouloit retirer les ungs par amour, les autres par force. Et jà avoit fait abbatre une place3 qui appartenoïit à monsr d’Estissac, serviteur dudict

a. a la fin P, au lieu de de la main. — b. et ung dyamans omis par D. Nous restituons ces mots, car le diamant fut, en effet, envoyé, et il en sera question au ch. II du livre VI. — c. dudit P.

1. Maximilien d'Autriche, fils de Frédéric III. Commynes parlera du projet de mariage austro-bourguignon, avec plus de détails, au liv. VI, ch. 11.

2. Vincent de Kerleau, successivement abbé de Begar et évêque de Saint-Pol-de-Léon, un des diplomates favoris de François II de Bretagne.

3. 11 s’agit de Coulonges-sur-l’Autize ou Coulonges-les-Royaux, arr. de Niort (Deux-Sèvres). Cf. H. Stein, Charles de France, p. 425. Les précédents éditeurs de Commynes (Lenglet, t. I, p.171;

duc de Guyenne, et plusieurs autres voyes de faict estoient jà commencées. Et avoit le roy fortrait® aucuns serviteurs de sa maison, par quoy concluoient qu’il vouloit® recouvrer Guyenne, comme il avoit fait Normandie autresfois, après qu'il eut baillée en partaige comme avez ouy!.

Le duc de Bourgongne envoyoit souvent devers le roy pour ces matières. Le roy respondoit que c’estoit le duc de Guyenne, son frère, qui vouloit eslargir ses limites et qui commançoit toutes ces brigues et que au partaige de son frère ne vouloit point toucher. É

N Or voyez ung peu comme les affaires ou brouilliz de ce au,

Page 1