‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 276 sur 315 · Nesle, arr. de Péronne (Somme · texte numérisé non relu

Nesle, arr. de Péronne (Somme

4. Le sens littéral de « ort » est « sale ». Ici, au sens moral, il faut comprendre : malsain, coupable (cf. ci-dessus, p. 31, n. 2).

5. C'est-à-dire : un certain nombre. Cinq cents, d’après Jean de Roye, éd. B. de Mandrot, t. I, p. 268. Le chef était le Petit Picard, de son vrai nom Pierre de Sonneville (cf. M'e Dupont au t. 1 de son édition, p. 274, n. 4).

228 PRISE ET MASSACRES DE NESLE (juin 1472)

chiers. Ledict duc demoura logé à trois lieues près de là. Ceulx de dedans tuèrent ung herault en les allant sommer. Leur capitaine saillit dehors à seürté pour cuyder composer. Il ne peüt accorder et, comme il rentra dedans la place, il estoit* trève à cause de sa saillie, et estoient ceulx de dedans tout à descouvert sur la muraille sans quet on leur tirast. Toutesfoiz ilz tuèrent encores deux hommes!. Pour ceste cause fut la trefve desdicte et manda‘ à madame de Nesle, qui estoit dedans, qu’elle saillist et ses serviteurs domesticques avec ses biens. Ainsi le fist; et incontinent fut la place assaillie et prinse et la pluspart tuéz. Ceulx qui furent prins vifz furent penduz, sauf aucuns que les gens d'armes laissèrent courre par pitié; ung nombre assez grand eurent les poings couppéz.

Il me desplaist à dire ceste cruaulté; mais j’estoye sur le lieu et en fault dire quelque chose. Il fault dire que ledict duc de Bourgongne estoit passionné de faire si cruel acte? ou que grand cause le mouvoit. Il en alleguoit deux : l’une, il parloit, après autruy, estrangement de ceste mort du duc de Guyenne3; oultre, avoit ung autre desplaisir, que vous avez peü entendre : c’est° qu’il avoit ung merveilleux despit/ d’avoir? perdu Amyens et Sainct Quentin, dont avez ouy parleri.

a. qui estoit en B. C'est à tort que B. de Mandrot attribue cette leçon à D. — b. sans ce que P. — c. mande P. — d. P ajoute y. — e. P omet c’est. — f. desplaisir P. — g. de avoir D.

1. On trouve une version analogue dans Wavrin, Appendice, ch. xziv, éd. Dupont, t. III, p. 293, et dans Basin, Historiarum Ludovici XI, lib. IV, cap. 1, éd. J. Quicherat, t. II, p. 291 et suiv. En revanche, une version française se trouve dans Jean de Roye, éd. B. de Mandrot, t. I, p. 268 et suiv. Voir sur ces textes et sur l'enquête de 1521-1522 relative à ces événements touchés ici par Commynes l'édition de B. de Mandrot, t. I, p. 231, n. 3.

2. Entendez : était sous le coup d’une passion (la colère) pour faire un acte si cruel.

3. C'est-à-dire que, d’après oui-dire, il parlait de façon étrange de la mort du duc de Guyenne (en l’attribuant à un crime).

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