ÉCHEC DES NÉGOCIATIONS
le roy ledict Symon avecques très maigres parolles, sans riens vouloir jurer, dont ledict duc se tint fort mocqué et mesprisé et en eut très grant despit.
Les gens dudict duc, en faisant la guerre, tant pour ceste cause que autres que povez assez avoir entendues, disoient parolles villaines et increables du roy, et ceulx du roy ne faignoyent de guères.
Il pourra sembler ou temps advenir à ceulx qui verront
cecy que en ces deux princes n’y eut pas grand foy ou que je parle mal d’eulx. De l’ung ne de l’autre ne vouldroye mal parler, et à nostre roy suys tenu!, comme chascun sçait. Mais, pour continuer ce que vous, monsr l’arcevesque de Vienne, m'avez requis, est force que je die partie de ce que je sçay, en quelque sorte qu’il soit advenu; mais quant on pensera aux autres princes, on trouvera ceulx-cy grans® et notables et le nostre très saige, lequel a laissé son royaulme accreü et en paix avecques tous ses ennemys.
- Or voyons donc lequel de ces deux seigneurs vouloit tromper son compaignon, affin que si, pour le temps advenir, cecy tumboyt entre les mains de quelque jeune prince qui eust à conduyre choses? semblables, il eust myeulx congnoissance pour l’avoir veü et se garder d’estre trompé. Car, combien que les ennemys° ny les princes ne soyent point tousjours semblables, encores que les matières le fussent, si faict-il bon estre informé des choses passées. Pour en declairer mon advis, je cuide estre certain que ces deux princes icy y alloient tous deux en intention de tromper chascun son compaignon et que leurs fins estoient assez semblables, comme vous orrez.
Tous deux avoient leur armée preste et aux champs. Le roy avoit jà prins plusieurs places et, en traictant ceste
a. B ajoute nobles. — b. Les autres manuscrits ont ses, tandis que D a choses. — c. temps P.