‹ Mémoires édités (volume 3)Chapitre 279 sur 315 · ARRIÈRE-PENSÉES DES DEUX PARTIES · texte numérisé non relu

ARRIÈRE-PENSÉES DES DEUX PARTIES

paix, pressoit fort son frère!. Jà estoient venuz devers le roy le seigneur de Curton?, Patrix Foucard et plusieurs autres et avoient laissé ledict duc de Guyenne et estoit l’armée du roy ès environs de la Rochelle et avoit grant intelligence dedans, et marchandoient fort ceulx de la villeÿ, tant pour ce bruyt de paix que pour la maladie que avoit ce duc. Et cuyde l'intention du roy telle que, s’il eut achevé son emprinse ou près de là ou que son frère vint à mourir, qu'il ne jureroit point ceste paix; mais aussi, s’il trouvoit forte partie, il la jureroit et excecuteroit ses promesses pour se oster de peril. Et compassa®? fort bien son temps et faisoit une merveilleuse diligence; et avez bien entendu comme il dissimula à ce Symon de Quingy bien l’espace de huict jours, et que cependant advint ceste mort. Or sçavoit-il bien que ledict duc desiroit tant la possession de ces deux villes qu’il ne l’oseroit courrousser et qu’il luy feroit couler doulcement quinze ou vingt jours, comme il fit, et que cependant il verroit quel? il y feroits.

Puisque nous avons parlé du roy et des moyens qu’il avoit en pensée pour tromper le duc de Bourgongne:, fault parler quelle estoit la pensée dudict duc envers le roy et ce qu’il lui gardoit, si la mort dessusdicte ne fust advenue. Symon de Quingy avoit commission de luy, et à la

a. composa À.— b. quelle ouvre P.— c. Ce membre de phrase, depuis : et des moyens, est omis par P.

1. Entendez : et, tout en négociant, serrait de près son adversaire.

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