RAPPROCHEMENT ANGLO-BOURGUIGNON
lors régnoit. Auquel mondict seigneur de Charroloys avoit tousjours eu inimitié, et portoit la maison de Lanclastre contre luy, dont ilestoit yssu de par sa mère!. Et par l’instruction dudict de Cluny luy estoit ordonné d’entrer en practique du mariage à la sœur du roi d'Angleterre, appellée Marguerite, et° non d’estraindre le marché?, mais seulement, congnoissant que le roy d’Angleterre l’avoit fort desiré, luy sembloit bien que pour le moins ne feroit riens contre luy et que, s’il en avoit affaire, qu'il le gaigneroit des siens?. Et, combien qu'il n’eust ung seul vouloir de conclure ce marché et que la chose du monde que plus il hayoit en son cueur estoit la maison d’Yort, si fut tant demenée ceste matière que, plusieurs années après, elle fut conclue; et print davantaige l’ordre de la Jartière3 et la porta toute sa vie.
Et maintet telle œuvre se fait en ce monde comme celle que ay dessus declairée“, et par especial entre les grans princes qui sont beaucoup plus (suspessonneux | ue autres gens, pour les doubtes et advertissemens que on leur faict et très souvent par flateries®, sans nul besoing qu’il en soit.
a. mais P. — b. M omet tout ce membre de phrase. — c. maintenant P. — d.telle œuvre ce fait en ce monde par ymaginacion comme celle que j’ay dessus declairé P.—e. P intercale et.
ne devint évêque de Poitiers qu’en 1479, ayant de mourir en
En effet, la grand’mère maternelle de Charles le Téméraire était Philippine, fille de Jean de Gand, par conséquent petitefille d'Édouard III, d’où la maison de Lancastre tirait ses droits.
2. On trouvera dans notre ouvrage (en préparation avec la collaboration de M. G. Périnelle) sur Louis XI et l'Angleterre tout ce qui concerne la négociation de ce mariage.
3. Ici Commynes anticipe. La Jarretière fut conférée à Charles le Téméraire en 1469. Cf. l'édition de M! Dupont, t. I, p. 58, n. 2.
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LES DUCS QUITTENT ÉTAMPES (31 juillet 1465) 45
[CHAPITRE VI] [LE siÈèGE DE Paris]
[r. Passage de la Seine et arrivée de Jean de Calabre]. — Ainsi comme il avoit esté conclud, tous ces seigneurs se partirent d'Estampes!, après y avoir sejourné quelque peu de jours, et tirèrent à Sainct Mathurin de Larchant et à Moret en Gastinois?. Mondict seigneur Charles et les Bretons demourèrent en ces“ deux petites villes. Et le conte de Charroloys s’en alla loger en une grande prée3 sur le bort dela rivière de Seine et avoit faict cryer que chascun portast [paulx] ? 4 pour atacher ses chevaulx. Il faisoit mener sept ou huit petiz bateaux sur charriotz et plusieurs pipes par piècesÿ en intencion de faire ung pont sur la rivière de Seine, pour ce que ces seigneurs n’y avoient point de passaige.
Monsr de Dunoys l’accompaigna en une littière, car, pour la goute qu’il avoit, il ne povoit monter à cheval et portoit l’on son enseigne après luy. Dès qu’ilz vindrent à la rivière, ilz y feirent mettre ces bateaulx qu’ilz avoyent apportez et gaignèrent une petite isle qui estoit comme au millieu; et descendirent des archiers‘, qui escarmouchèrent avec quelques gens de cheval qui deffendoient le passaige de l’autre part. Et y estoit le mareschal Joachin et Salezarté.
Le lieu estoit très desavantageux pour eulx, pour ce
a. ses D. — b. Mot omis non seulement dans D, mais aussi dans A et M. Nous restituons d'après P. Les anciens éditeurs ont substitué crochets. — c. P ajoute de l’autre part. |
. Le 31 juillet (H. Stein, Charles de France, p. 58). . Larchant et Moret (Seine-et-Marne).
. C'est-à-dire : prairie.
. Entendez : portât des pieux.
. C'est-à-dire : plusieurs grands tonneaux démontés en plusieurs morceaux.