C'est-à-dire : sur ses seigneuries
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MENÉES DU COMTE DE CAMPOBASSO (novembre 1475) 89
pour ces raisons, rescrivit à son chancellier et au seigneur de Humbercourt, dont j’ay assez parlé, tous deux ennemys et malveillans dudict connestable, qu’ilz se tirassent à Peronne, et que à ung jour qu’il nomma ïilz baïllassent ledit connestable à ceulx que le roy y envoyeroit, car les deux dessus nomméz avoyent tout povoir pour luy en son absence, et manda au seigneur d’Emeries le leur bailler.
Cependant battoit fort ledict duc* la ville !. Il y avoit de bonnes gens dedans qui la deffendoient bien. Ung capitaine dudict duc, appellé le conte de Compobache ?, natif et banny du royaume de Naples, pour la part Anjevine, avoit jà prins intelligence au duc de Lorraine (car mons' de Lorraine, qui estoit parent bien prochain et heritier de la maison d'Anjou, avoit trouvé le moyen de le gaigner ; et aussi l’affection que ledict conte avoit à ladicte maison d'Anjou, dont il tenoit le party au royaulme de Naples, et en estoit pour ceste cause fugitif, luy faisoit tromper son maistre à la faveur dudict duc de Lorraine *) ? et promectoit faire durer ce siège et qu'il se trouveroit des deffaulx ès choses necessaires et° pour la prinse de la ville. Il le povoit bien faire, car il estoit pour lors le plus grand de ceste armée et homme très mauvais pour son maistre, comme je diray cy après. Mais cecy estoit comme une apprested des maulx qui puis advindrent au duc de Bourgongne.
Je croy que ledict duc s’attendoit avoir pris la ville avant que le jour fust venu de baïller ledict connestable, et puis ne ne le bailler point‘. Et peult estre, d’autre costé, que si le
a. À ajoute de Bourgogne. — b. Les mots que nous plaçons entre parenthèses ne sont que dans D. — c. et omis par À. — d. ung apprest B et M ; ung appreste P.
1. Entendez : il battait avec son artillerie la ville de Nancy.
2. Nicolas ou Colas de Campobasso. Commynes en a déjà parlé ci-dessus, p. 8.