‹ Mémoires éditésChapitre 105 sur 379 · CAMPOBASSO MÉDITE LA PERTE DU TÉMÉRAIRE · texte numérisé non relu

CAMPOBASSO MÉDITE LA PERTE DU TÉMÉRAIRE

vouloit muer la fortune de bien en mal et de prosperité en adversité? Son cueur ne se amollit jamais, mais jusques à la fin a estimé toutes ses bonnes fortunes procedansé de son sens et vertuzc.

Desjà avant que baïller ledict connestable, avoit-il prins grand deffiance de ses subjectz ou les avoit en grand mespris, car il avoit bien envoyé querir mille lances de Ytaliens! et en y avoit eu devant Nuz? largement avecques luy.

Le comte de Compobache en avoit quatre cens armetz ou plus, et4 estoit sans terre, car, à cause des guerres que la maison d’Anjou avoit menées en ce royaulme de Napples, de laquelle il estoit serviteur, il en estoit banny et avoit perdu sa terre’ et tousjours s’estoit tenu° en Prouvence avec le roy Regné de Cecille ou avec le duc Nicolas, filz du duc Jehan, après la mort duquel ledit duc de Bourgongne avoit recueilly plusieurs de ses serviteurs et par especial tous les Ytaliens,

.a. ou P. — b. proceder P.— c. Les autres manuscrits ajouteni cette phrase, mal liée à ce qui précède : et avant que mourir a esté plus grand que tous ses predecesseurs et plus estimé par le monde. — d. il P.—e.tins M.

1. Charles le Téméraire parle déjà de ses mille lances italiennes dans la lettre écrite à Jean II d'Aragon le 28 mars 1473 (J. Calmette, Louis XI, Jean II et la Révolution catalane, p. 367).

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