Hugues de Chalon, sire de Chasteauguion
2. C'est-à-dire : à ses sujets, il préférait les mercenaires étrangers, dont il pouvait se payer un grand nombre et de bons.
3. Commynes touche ici au point délicat de savoir jusqu’à quel point les sujets du Téméraire favorisaient sa politique de mégalomanie. Nous reviendrons sur ce sujet à propos des mesures prises par le duc après Morat (ci-dessous, ch. 111).
4. Cette partie de l’armement a été jadis étudiée par Garnier, L'artillerie des ducs de Bourgogne, dans l'Annuaire départemental de la Côte-d'Or, 188x.
PRISE DE GRANSON (20 février 1476) 103
Assiégé qu’il eut ladicte place de Granson et tiré par aucuns jours, se rendirent à luy ceulx de dedans à sa voulenté, lesquelz il feït tous mourir!. Les Suysses s’estoient assembléz, et non point en grant nombre, comme ay ouy compter à plusieurs d’entre eulx. Car de leurs terres ne se tirent point les gens que l’on pense“, et encores moins ? lors que maintenant : car depuis ce temps la pluspart ont laissé le labeur ? pour se faire gens de guerre. De leurs alliéz en avoit peu entreeulx, car ilz estoient contraintz se haster pour secourir la. place ; et, comme ilz furent aux champs, ilz sceürent la mort de leurs gens.
Le duc de Bourgongne, contre l’oppinion de ceulx à qui il enc demanda, delibera aller au devant d’eulx à l'entrée des montaignes, où ilz estoient encores, qui estoit bien son desadvantaige, car ilz estoient bien en lieu advantageux pour les attendre et cloz de son artillerie et partie d’un lac, et n’y avoit nulle apparence qu'ilz luy eussent sceü porter dommaige.
a. cuyde partout ailleurs que dans D.— b. mains M, vieille forme constamment employée par ce manuscrit. — c. en omis par À.
1. Molinet, Chronicques, éd. Buchon, t. I, p. x91, confirme et développe cet épisode : « En fit pendre par trois bourreaux aux arbres prochains le nombre de quatre cents ou environ et les autres furent noyés au lac. Il n’estoit si dur cœur qui ne deusist avoir pitié de regarder les povres hommes pendus aux branches desdits arbres, en cette multitude qu’elles rompoient et cheoient sur la terre, avec les hommes à demi morts, qui piteusement par cruels satellites estoient mutilés. » Mlle Dupont, au t. II de son édition, p. 6 et suiv., cite des passages éloquents de la Chronique de Neujchâtel, dont le prétendu fragment sauvé enthousiasmait Michelet (Louis XI et Charles le Téméraire, éd. de 1857, p. 382, n.). Il n'est qu'un pastiche commis par le soi-disant inventeur du texte, de Purry, et la fraude a été démasquée par A. Piaget et Th. de Liebenau. Cf. la note de B. de Mandrot au t. I de son édition, p. 346.