Cf. ci-dessus, p. 107, n
3. Cet émissaire se nommait Giovanni Bianco, de Crémone, et arriva à Lyon vers le 20 mars 1476 (Gingins-la-Sarraz, Dépêches des ambassadeurs milanais, n° CL).
4. Galéas Sforza avait épousé une des sœurs de la reine Charlotte, Bonne de Savoie.
L'ALLIANCE FRANCO-MILANAISE RÉTABLIE (août 1476) 111
prins celle du duc de Bourgongne, je suys content de retourner comme nous estions. »
Ledit embassadeur mercya le roy bien humblement et luy sembla bien qu’il n’estoit point roy avaricieux ; et supplia fort au roy qu’il voulsist faire cryer lesdictes alliances en la forme comme elles avoyent esté et qu’il avoit povoirs de obliger son maistre à les tenir. Le roy luy accorda ; et, après disner, elles furent cryées ! et incontinent despeché ung embassadeur, qui alla ? à Millan, où elles furent cryées en grand solempnité. Ainsi vecy desjà ung des heursc? de l’adversité et ung grant homme mué#, qui avoit envoyé une si grant et si solemnelle embassade versd le duc de Bourgongne pour faire son alliance, n’y avoit que trois sepmaines.
Le roy René de Cecille traictoit de faire le duc de Bourgongne son heritier et de luy mectre Provence entre les
a. paour À, par évidente fuute de lecture. — b. alloit A. — c. une des heures dans les manuscrits autres que D. — d. devers P.
1. Cet exposé de Commynes manque de rigueur chronologique. Aussi bien celle-ci n’est-elle pas dans sa pensée, et il s’agit pour lui de montrer les revirements produits par le contre-coup des désastres bourguignons. Le renouvellement des anciennes alliances franco-milanaises ne fut conclu que le 9 août 1476 et la publication faite à Milan ne date que du 25 (Lettres de Louis XI, éd. Vaesen, t. VI, p. 102, n.). A cette conclusion se rapporte le séjour à la cour de Pietra Santa signalé ci-dessus, p. 109, ». 3. Il y a eu certainement une ambassade antérieure : cf. la note 4, ci-après.
2. Le mot « heur » a un sens neutre, qui n’est celui d'aucun de ses deux composés « bonheur » et « malheur ».
3. Entendez : un homme puissant. C’est le sens courant de « grand homme » sous la plume de Commynes.
4. Commynes pense donc ici à la première ouverture de Sforza après Granson et date indirectement l'envoi du premier ambassadeur milanais environ trois semaines après l’alliance de Moncalier (voir ci-dessus, n. 1), soit en réalité au cours de mars. Or il est clair que, conformément au plan que lui prête Commynes (cf. ci-dessus, p. 109, n. 3), ce n’est pas en mars que Louis XI s’est découvert, et c’est pourquoi le retour à l'alliance franco-milanaise a été différé jusqu’en août, c’est-à-dire jusqu’à une époque où la déconfiture bourguignonne était irrémédiable.
112 RENÉ D'ANJOU RALLIÉ A LOUIS XI (avril 1476)
mains. Et pour aller prendre la possession dudict pays estoit® monsr de Chasteauguyon!, qui est de present en Pymont?, et autres pour ledit duc de Bourgongne, pour faire gens; et avoyent bien vingt mil escuz contant. Dès ce que les nouvelles vindrent, à grant peine se peürent-ilz saulver qu’ilz ne fussent prins, et mons' de Bresse se trouva au pays, qui print ledict argent. La duchesse de Savoye, dès ce qu'elle sceüt les nouvelles de ceste bataille, les fist sçavoir audict roy René, excusant la chose, et le resconfortoit? de ceste perte. Les messaigiers furent prins, qui estoient Prouvensaulx, et par là se descouvrit ce tracté du roy de Cecille avecques le‘ duc de Bourgongne.
Le roy envoya incontinent des gens d’armes près de Provence et embassadeurs vers le roy de Secille pour le prier de venir et l’asseürant de bonne chière, ou, autrement, qu'il y pourvoyeroit par force. Tant fut conduyt{ le roy de Secille qu'il vint devers le roy à Lyon, et luy fut faict très grant honneur et bonne chièreÿ.
Je me trouvay present à leurs premières parolles à l’arria. c'estoit P. — b. resconfortent P.— c. ledit P.
1. Le personnage appelé ici sire de Chasteauguion est le frère du titulaire de cette seigneurie cité plus haut (voir p. 102), tué à Granson. Il s’agit cette fois de Hugues de Chalon-Arlay, qui mourut le 3 juillet 1490.
2. Sur l'indication qui résulte de ce passage pour la fixation de sa date de rédaction, cf. notre Introduction au t. I, p. Xi.