‹ Mémoires éditésChapitre 121 sur 379 · C'est-à-dire : le roi de Sicile fut si bien persuadé · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : le roi de Sicile fut si bien persuadé

5. René d’Anjou vint à Lyon, après avoir prêté, le 7 avril 1476, dans l’hôtel de ville d'Arles, entre les mains de l'archevêque de Vienne, délégué par le roi, et sur la croix de Saint-Laud (cf. ci-dessus, p. 34, n. 1), le serment de n'avoir plus d’intelligences avec le duc de Bourgogne (voir la note de J. Quicherat, au t. II de son édition de Thomas Basin, p. 393). Jean de Roye, éd. B. de Man-

drot, t. II, p. 14, raconte le «moult beau recueil » fait par Louis XI à son oncle à la suite de ce revirement.

RENÉ D’ANJOU RALLIÉ A LOUIS XI (avril 1476) 113

vée, et dist Jehan Cossé!, seneschal de Provence, homme de bien et de bonne maison, du royaume de Naples : « Sire, ne vous esmerveillez pas si mon maistre, le roy vostre oncle, a offert au duc de Bourgongne le faire son heritier, car il s’en est trouvé conseillé par ses serviteurs, et par especial par moy, veü que vous, qui estes filz de sa sœur et son propre nepveu, luy avez fait les tors si grans que de luy avoir prins® les chasteaulx d’Angiers et de Bar et si mal traicté en tous ses autres affaires. Nous avons bien voulu mectre en? avant ce marché avec ledict duc, affin que vous en oÿssiez‘ les nouvelles, pour vous donner envye de nous faire raison “ et congnoistre que le roy mon maistre est vostre oncle ; mais nous n’eusmes jamais envie de mener ce marché jusques au bout. » Le roy recueillit très bien et très saigement ces parolles que ledict Jehan Cossé dist tout au vray; car luy° conduysoit ceste matière. Et à peu de jours de là furent ces differens bien accordéz”, et eut le roy de Secille de l’argent?, et tous ses serviteurs, et le festoya le roi avecques les dames et le fist festoier et traicter en toutes choses, selon sa nature, le plus près qu'il peüt ; et furent bons amys et ne fut plus nouvelles du duc de Bourgongne, mais habandonné du roy René, et renoncé de toutes pars®. Velà* encores ung autre malheur de ceste adversitéj.

Madame de Savoye, qui de long temps avoit esté en hayne contre le roy son frère, envoya ung messaigier secret, apellé

a. de luy courir sus M ; de luy courir prins P. — b. en omis par P. — c. eussiez P.— d. la raison P et M.—e. il À. — f. bien accordez ces differens À. — g. tous pointz P. — h. voilà M ; véez là P. — ji. mirasche À ; miracle M et P. — j. petite adversité 4, B,

M et P.

1. Jean de Cossa, comte de Troja, Napolitain au service de la maison d'Anjou.

2. Une pension viagère de 60,000 francs lui fut accordée, comme le montre un texte publié parmi les preuves de l'édition Lenglet,

t. III, p. 392.

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