DÉFECTIONS EN SAVOIE ET EN ALLEMAGNE
le seigneur de Montaugy‘!, lequel s’adressa à moy pour se reconsilier ? avecques le roy: ; et allegua les raisons pour quoy elle s’estoit separée du roy son frère et disoit les doubtes qu’elle { avoit du roy. Toutesfois elle estoit très saige et vraye sœur du roy nostre maistre et ne joignoit point franchement à se separer dudict duc? ne de son amytié et sembloit que elle‘ voulsist temporiser et commencer à reprendre quelque chose avec le roy’. Le roy luy feït faire par moy toutes bonnes responses et taschoit” qu’elle vint devers luy; et luy fut renvoyé” son homme. Velà une autre des alliances dudict duc, qui marchande‘ à se départir de luyi.
De tous costéz en Allemaigne se commancèrent à declairer gens contre ledict duc, et dei toutes ces villes imperialles, comme Noremberg, Francfort et plusieurs autres, qui s’allièrent* avec ces Vieilles et Nouvelles Alliances contre ledit duc, et sembloit qu'il y eust très grand pardon à luy faire mal.
a. Montargis 4. Montaigny dans Sauvage. — b. reconseiller P. — c. avec le roy omis par les manuscrits autres que D. — d. il P. — e. il B. — j. B ajoute : de l'aventure que fist ledit duc continuoit à revoir le dommaige que le roy luy fust plus gracieulx, bDhrase aussi peu claire dans P qui donne : l'aventure que fist ledit duc continuoit à revoir dommaige que le roy luy feüst plus gracieux. B. de Mandrot croit obtenir un sens intelligible en corrigeant revoir en recevoir. — g. pensoit À ; tendoit B. — k. luy renvoye P. — i. Cette phrase manque dans M et P. — j. de omis par P. — k. saillirent P, qui n’a aucun sens, et que B. de Mandrot retient sans explication.
1. Il faut probablement voir dans cet émissaire Antoine de Montagny, seigneur de Brissogne.
2. Elle n’adhérait pas franchement, veut dire Commynes, à l’idée de rompre avec le duc. En somme, la duchesse de Savoie joue double jeu, et notre auteur a bien raison, dès lors, de voir en elle une « vraye sœur » de Louis XI.
3. Entendez : son émissaire lui fut renvoyé (avec les réponses).