‹ Mémoires éditésChapitre 149 sur 379 · RAPPEL DES TORTS DU TÉMÉRAIRE ENVERS SAINT-POL · texte numérisé non relu

RAPPEL DES TORTS DU TÉMÉRAIRE ENVERS SAINT-POL

avoir“ humainement ouy! ledict gentil homme ; et par adventure, s’il l’eust fait, qu'il fust encores en vie et sa maison entière et de beaucop accreüe, vetües les choses survenues en ce royaulme depuis. Mais il est à croire que Dieu en avoit autrement ordonné.

Vous avez entendu par cy devant en ces Memoires * le desloyal tour‘ que ledict duc avoit fait peu de temps au paravant au conte de Sainct Pol, connestable de France, comme de l’avoir prins sur sa seüreté, baïillé au roy pour le faire mourir, et davantaige baillé tous les séelléz et lettres qu'il avoit dudict connestable pour servir à son procès. Et, combien que ledict duc eust trouvé juste cause‘ de hayr ledit connestable jusques à la mort“ et de la luy procurer, pour beaucoup de raisons, qui seroient longues à escripre, moyennant qu'il l’eust peü faire sans luy donner sa foy, toutesfois toutes les raisons que je pourroye® alleguer en ceste matière ne sauroient couvrir la faulte de foy et d'honneur que ledict duc commist en baillant bon et loyal sauf-conduit audict connestable et neantmoins le prendre et vendre par avarice, non point seullement pour la ville de Saint Quentin et des places, heritaiges et meubles dudict connestable, mais aussi pour la doubte de faillir/ à prendre la ville de Nancy quant il l’avoit assiegée la première fois.

a. avoir omis par À et P.— b.ouyr A.—c. Les manuscrits autres que D disposent autrement la phrase et la rattachent à la précédente : Dieu en avoit aultrement ordonné depuys ce desloyal tour ; i/s intercalent ensuite, après les mots connestable de France, l'incidente : lequel avez entendu ailleurs en ces Memoires. — d. eust bonne et juste cause P. — e. sçauroiz P. — f. qu'il ne faillit M.

1. Sans doute faut-il entendre cette phrase, un peu mystérieuse, en ce sens que, si le Téméraire avait survécu à Louis XI, il eût trouvé dans les fautes du gouvernement de la régence, contre lequel s'était prononcé Commynes, l’occasion de se grandir.

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