‹ Mémoires éditésChapitre 154 sur 379 · C'est-à-dire : qui l’emporterait · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : qui l’emporterait

3. Saint-Nicolas-du-Port, arr. de Nancy (Meurthe-et-Moselle).

4. Alphonse V, qui régna de 1438 à 1481. Il soutenait les droits de sa nièce Jeanne, dite la Beltraneja, qui prétendait à la succession du roi de Castille Henri IV, mais dont la légitimité était contestée. Cf. J.-B. Sitges, Enrique IV y la excelente senora llamada vulgarmente dona Juana la Beltraneja, in-8°, Madrid, 1912. Le roi de Portugal, débarqué à Collioure, fit son entrée à Perpignan le 17 septembre 1476 : « À desaset de setembre del any mill quatre cents setanta e six intra lo rey de Portugual dins la vila de Perpinya ; entra per lo portal de Canet, en que li fon feta molta honra, laqual li feu fer lo rey de France » (Libre de Memories, 1373-1624, fol. 3, bibliothèque de la ville de Perpignan, manuscrit 84). Commynes aurait dû écrire que le roi de Portugal était en France depuis deux mois, non depuis neuf mois. Serions-nous ici en présence d’une faute d’audition? Cf. notre Introduction, t. I, p. xvir. En revanche, notre auteur a raison de fixer à un an le séjour total d’Alphonse V.

ALPHONSE V DE PORTUGAL EN FRANCE (sept.-déc. 1476) 145

avoit! ou environ, auquel le roy s’estoit allyé contre le roy d’Espaigne ? qui est aujourduy ; lequel roy de Portugal estoit venu cuydant que le roy luy baillast grand armée pour faire la guerre en Castille par le costé de Biscaye ou par Navarre : car il tenoit largement places en Castille, à la frontière de Portugal, et en tenoit encores d’aucunes voysines de nous, comme le château de Bourgues? et autres, et croy bien que si le roy luy eust aydé, comme quelquefois en eut le vouloir, que le roy de Portugal eust vaincu et fourny son entreprise ?. Mais ce vouloir passa au roy et fut longuement ledict roy de Portugal entretenu en esperance, comme d’ung an et plus. Cependant s’empiroyent ses besongnes en Castille; car, à l’heure qu'il vint, presque tous ces seigneurs du royaume de Castille tenoyent son party ; mais le voyant tant demourer, peu à peu muoyent® de propoz et s’apointoyenti avec ce roy Alphonceÿ et royne Ysabel qui règnent aujourduy.

Le roy s’excusoit de ceste ayde, qu’il avoit accordée, sur ceste guerre qui estoit en Lorraine, monstrant avoir craincte que, si ledit duc de Bourgongne se ressourdoit f, que après ne luy vint courre sus. Ce povre roy de Portugal, qui estoit très bon et juste, mist en son ymagination qu'il iroyt devers ledict duc de Bourgongne, qui estoit son cousin germain’, et qu’il pacifieroit tout ce different du roy et de luy, affin que le roy

a. pour À. — b. vaincu à son emprise M et P.— c. muèrent P.

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