‹ Mémoires éditésChapitre 161 sur 379 · C'est-à-dire : autour de lui · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : autour de lui

6. Molinet, Chroniques, éd. Buchon, t. I, p. 229, rapporte un

LE TÉMÉRAIRE DÉCIDÉ A LA BATAILLE (janvier 1477) 151

trances qu’on luy avoit faictes du grant nombre d’Allemans qui estoient avec ledit duc de Lorraine et aussi de l’armée du roy !, logée près de luy, et conclud la bataille avec ce petit nombre de gens espoventéz?.

A l’arrivée du conte de Compobasche vers le duc de Lorraine, les Allemans luy feïrent dire que il se retirast et qu'ilz ne vouloient nulz trahistres‘3 avecques eulx. Et ainsi se retira à Condéi, ung chasteau et ung passaige près de là, qu'il repara le mieulx qu’il peüt?, esperant que, fuyant le duc de Bourgongne et ses gens, il en tomberoit® à sa part, comme il feït assez.

Ce n’estoit pas le principal traicté que eut ledict conte que celluy du duc de Lorraine; car avecques aultres parla peu devant son partement, et avecques ceux-là conclud pour ce qu'il ne veoit point qu'il peüst mettre la main sur ledict duc de Bourgongne, qu’il se tourneroit de l’autre part quant viendroit l'heure de la bataille*.

Plus tost ne vouloit partir ledict conte, affin de donner l’espoventement plus grant à tout l’ost dudict duc, mais il asseüroit/ bien que, si ledict duc fuyoit, qu’il n’en eschaperoit jamais vif et qu’il laisseroit douze ou quatorze personnes

a. traictéz A. — b. reppara des charretes et'autres choses le myeulx qu’il peült À ; … de charrètes … P et M. — c. tumberoit quelc’un P. — d. avant P.— e. Toute la phrase, depuis ce n’estoit pas, manque dans D, maïs se trouve partout ailleurs ; nous la rétablissons d’après M dont le texte paraît ici très correct. — r. essayeroit D.

propos qui justifie cette appréciation de Commynes. Comme on lui représentait la disproportion de ses forces comparées à celles de ses adversaires, le duc répliqua : « Si je debvois combattre seul, si les combateray-je. »

1. Non seulement l’armée royale était prête et menaçante en Champagne, mais encore Basin assure que de prétendus Allemands et Suisses, hommes du roi, couraient la frontière (Thomas Basin, Histoire de Louis XI, liv. V, ch. x1, éd. J. Quicherat, t. II, p. 413).

2. C'est-à-dire : il se résolut à la bataille avec des troupes en petit nombre et démoralisées.

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