Condé-Northen, arr. de Metz (Moselle
152 BATAILLE DE NANCY (5 janvier 1477)
qui luy seroient seürs, les ungs pour commancer la fuytte dès ce qu’ilz verroyent marcher les Allemans, les autres qui auroyent l’œil sur ledit duc, s’il fuyoit, pour le tuer en fuyant. Et en cela n’y avoit“ point de faulte; car j'en ay congneü deux ou trois de ceulx qui demourèrent pour tuer ledit duc. Conclud qu'il eut ces grandes trahisons, se retira dedans lost, et puis se tourna contre son maistre, quant il veït arriver lesditz Allemans, comme j’ay dit. Et puis, quant il veït que lesditz Allemans ne le vouloyent! en leur compaignie, alla, comme dit est, à ce lieu de Condé.
Lesditz Allemans marchèrent. Avec eulx estoient grand nombre de gens de cheval de deçà, qu'on y‘ laissa aller!. Beaucoup d’autres se misdrent aux embusches ? près du lieu pour veoir si ledict duc seroit desconfit, pour happer quelque prisonnier ou autre butin. Et ainsi povez veoir en quel estat s’estoit mis ce pouvre duc, par“ faulte de croire conseil *.
Assemblées que furent lesdictes deux armées, la sienne qui jà avoit esté desconfitte par deux foys, et qui‘ estoient peu de gens et mal en point, furent incontinent tournéz en desconfiture et tous mors ou/ en fuytte. Largement se saulvèrent. Le demourant y fut mort ou prins?. Et, entre autres,
a. auroit P. — b. voulurent P. — c. y omis par P.— d. pour P. — e. qu'ilz À. — f. tous mors manque dans D. Nous rétablissons d'après les autres manuscrits. — g. mort ou manque dans M.
1. C’est l’aveu que les adversaires du duc de Bourgogne bénéfcièrent de l’appui occulte de Louis XI.