‹ Mémoires éditésChapitre 164 sur 379 · CONSIDÉRATIONS SUR LA FORTUNE DU TÉMÉRAIRE ET DE SA MAISON · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SUR LA FORTUNE DU TÉMÉRAIRE ET DE SA MAISON

J'ay depuis veü ung signet à Millan, que maintes fois avoie veü pendre à son pourpoint, qui estoit ung agneau‘, et y avoit ung fuzil entaillé en ung camayeul?, où estoient ses armes, lequel fut vendu pour deux ducatz audit lieu de Millan. Celuy qui luy osta luy fut mauvais varlet de chambre. Je l’ay veü maintes fois habiller et deshabiller en

a. et P. — b. vigille B et M. — c. ancan ow anneau dans les manuscriis autres que M, dont nous emprunions la leçon.

1. Le cadavre du Téméraire, nu et défiguré, fut découvert, deux jours après la bataille, dans la boue d’un étang, l'étang de Saint- Jean. Le bruit de la survivance s'était cependant répandu, d’après Thomas Basin, Histoire de Louis XI, liv. V, ch. xt, éd. J. Quicherat, t. II, p. 417 et suiv., et Molinet, Chroniques, éd. Buchon, t. I, p. 234. Sur les péripéties de la bataille de Nancy, on peut se référer à l'étude approfondie de Pfister, Histoire de Nancy, ch. xvi, t. I (1902), p. 476 et suiv.

2. L'agneau et le fusil (sorte de briquet) étaient les emblèmes de la Toison d’or ; ils figuraient sur le « signet » (ou cachet) dont il s’agit. Sur le butin fait à Nancy, cf. Pfister, op. cit., p. 510.

3. Cette phrase est ironique, mais le contexte montre qu’à tout prendre les considérations inspirées à l’auteur par la catastrophe de Nancy ne doivent rien à son esprit de dénigrement ou de vengeance.

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