‹ Mémoires éditésChapitre 169 sur 379 · Richard III · texte numérisé non relu

Richard III

4. Entendez : j'y ai vu (à la cour de Bourgogne) toute la famille de Lancastre ou peu s’en faut.

Commynes, II. II

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158 ESPOIRS ET ATTENTE DE LOUIS XI (5-12 janvier 1477)

ce « dessus dessoubz ! et la plus desollée et deffaicte, tant en prince que en subjectz, que nul voysin qu'ilz eussent. Et telles et semblables œuvres a fait Nostre Seigneur avant ? que fussions néz et fera encores après que nous serons mortz; car il se fault tenir seür que la grant prosperité des princes ou leur grand adversité procède de sa divine ordonnance.

[CHAPITRE X

COMMENT LE ROY FUT ADVERTY DE LA MORT DU DUC DE BOURGONGNE ET COMME LEDICT SEIGNEUR SE CONDUYSIT APRÈS LA MORT DUDIT DUC‘.

Pour tousjours continuer ma matière, le roy, qui jà avoit ordonné postes en ce royaulme? (et par avant n’en y avoit jamais eu), fut bien tost adverty de ceste dicte desconfiture du duc de Bourgongne, et à chascune heure en attendoit les nouvelles, pour les advertissemens qu'il avoit euz par avant de l’arrivée d des Allemans et de toutes autres choses qui en deppendoient. Et y avoit beaucoup gens qui avoient les oreilles bien ouvertes pour les ouyr le premier et les luy aller dire, car il donnoit voluntiers quelque chose à celuy qui premier luy apportoit quelques grans nouvelles sans oublier le messaiger *. Et si prenoit plaisir à en parler avant qu’elles fussent advenues, disant : « Je donneray tant à celuy qui m'en appor-

a. de A. — b. A, B et P ont : maint an avant ; M donne mener en avant. — c. Titre en rouge dans D. — d. armée B et P. — e. Sans oublier le messaigier omis par D ; nous rétablissons ici d’après M.

1. C'est-à-dire : ce qui est dessus passant dessous (sens dessus dessous).

2. 11 s’agit de la célèbre ordonnance de Lucheux (19 juin 1464). | Sur ses antécédents et sa portée, cf. A. de Rothschild, Histoire de | la poste aux lettres (1879), p. 94 et suiv.

LOUIS XI ET LA CATASTROPHE DE NANCY (9-I2 janv. 1477) 159

tera nouvelles‘. » Monsr du Bouchaige et moi eusmes ensemble le premier messaige de la bataille de Morat et ensemble le dismes au roy, lequel nous donna à chascun deux cens marcz d'argent.

Monsr du Lude, qui couchoit hors du Plesseïz, sceüt le premier l’arrivée du chevaulcheur qui apporta les lettres de ceste bataille de Nancy dont j’ay parlé?. Il demanda au chevaulcheur ses lettres, qui ne les luy osa reffuser, pour ce qu’il estoit en grant auctorité avec le roy. Ledit seigneur du Lude vint fort matin, et estoit à grand peine jour, heurter à l’huys plus prochain ! du roy. On luy ouvrit. Il baïlla lesdictes lettres que escrivoit monsr de Craon et autres ; mais nul ne acertenoit par les premières de la mort, mais aucuns disoyent que on l’avoit veü fuyr et qu'il s’estoit saulvé?.

Le roy, de prime face, fut tant surprins de la joye qu'il eut de ceste nouvelle, que à grant peine sceüt-il quelle contenance tenir. D’un costé, doubtoit que, s’il estoit prins des Allemans, qu'ilz ne s’adressassent ‘ à luy pour grant somme d’argent, que ayséement ledit duc leur pourroit donner“;

a. m'apportera telles nouvelles P et M.— b. je parlé P et M.— c. s’accordassent P. — d. que ledit duc leur pourroit donner aiséement M ; qu’il aiséement leur pourroit donner P.

1. Entendez : à la porte la plus proche du roi (sans doute celle de sa chambre).

2. Cette incertitude se place entre le 9 et le 12 janvier 1477. A la date du 9, le roi écrit au sire de Craon et envisage la mort du duc comme hypothétique (Mie Dupont, éd., t. II, p. 71, n. 2, et Lettres de Louis XI, éd. Vaesen, t. VI, p. 111) ; il enjoint aussi aux Dijonnais, dans la même hypothèse, de se souvenir qu’ils sont « de la couronne et du royaume » (Vaesen, Zbid., p.113). En revanche, le 12, ordre est donné aux bourgeois de Poitiers de faire une procession générale à l’occasion « du trespas du duc de Milan et du duc de Bourgogne, nos anciens ennemis » (Vaesen, Zbid., p. 114). L'assassinat de Galéas Sforza remontait au 26 décembre.

3. Entendez : le roi craignait que, si le duc avait été fait prisonnier parles Allemands, il ne se rachetât, car il pouvait payer la rançon qu'ils exigeraient de lui.

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