‹ Mémoires éditésChapitre 176 sur 379 · Cf. notre t. I, p · texte numérisé non relu

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PUISSANCE ET PRESTIGE DE LOUIS XI (janvier 1477) 167

Nicolas de Calabre, et puis le cousin, le conte du Maine, depuis conte de Provence!, le conte d’Armygnac, qui® avoit esté tué à Lestore?, et de tous les dessusdictz avoit ledict seigneur recueilly la succession et les meubles. Mais pour autant que ceste maison de Bourgongne estoit plus grande que les autres et plus puissante et qui avoit eu guerre avec le roi Charles septiesme, son père, trente deux ans sans trèves avec l’ayde des Angloys et qui avoyent leurs seigneuries assises ès lieux confins et les subgectz disposéz? pour faire la guerre à luy et à son royaume, de tant # luy fut plaisir plus grand et plus proffitable que de tous les autres ensemble. Et luy sembloit bien que, à sa vie, { ne trouveroit nul contredit à son royaume ne aux ‘ environs près de luy. Il estoit en paix avec les Angloys, comme avez entendu, et desiroit et travailloit d de toute sa puissance que ladicte paix d'Angleterre s’entretint*.

Par quoy, estant hors de toute crainte, Dieu ne luy permit pas prendre ceste matière, qui estoit si grande, par le bout qu'il la devoit prendre/. Car par mariage et

a. qui omis par P et M. — b. proposéz B, M et P ; proposer À.— c. ès P et M. — d. deliberoit de travailler P et M. — e. s’entretiendroit P.— f. à partir du mot bout Les leçons sont différentes, comme le montre la note suivante.

1. Pour dresser la liste des morts profitables au roi, Commynes commet ici une anticipation. Il ne pouvait pas ignorer que les deux personnages dont il introduit ici les noms moururent après le Téméraire : le roi René le 10 juillet 1480, et Charles, comte du Maine, le 11 décembre 1481.

2. Le « drame de Lectoure », qui coûta la vie à Jean V d’Armagnac, date du 6 mars 1473. Cf. Ch. Samaran, La maison d'Armagnac au XVe siècle, p. 333 et suiv.

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