‹ Mémoires éditésChapitre 206 sur 379 · PROCÈS DES OFFICIERS BOURGUIGNONS A GAND · texte numérisé non relu

PROCÈS DES OFFICIERS BOURGUIGNONS A GAND

Au commencement, leur demandèrent pourquoy ilz avoyent fait baïller par mons' des Cordes ceste cité d’Arras, mais peu‘ se y arrestèrent, combien que en aultre faulte ne les eussent sceü trouver ; mais leur passion ne les tenoit pas lt, car il ne leur challoit! de prime face de veoir leur seigneur affoibly d’une telle ville ne leur sens ne congnoissance ne alloit pas assez avant pour congnoistre le prejudice qui leur en povoit advenir à traict de temps2. Et se vindrent arrester sur deux pointz : l’un sur certains dons qu'ilz disoyent que par eulx avoient esté prins3 et, par especial, pour ung procès que avoient naguères gaigné par leur sentence prononcée par ledict chancellier contre ung particulier, dont les deux dessusdictz avoyent prins ung don de ladicte ville de Gand.

A tout ce qui touchoit ceste matière de corruption respondirent très bien et à ce point particulier où ceulx de Gand disoyent qu'ilz avoient vendu justice et prins argent d’eulx, disant qu’ilz avoyent gaigné ledict procès pour ce que leur matière estoit bonne et que, au regard de l'argent qu'ilz avoyent prins, qu’ilz ne l’avoyent point demandé ne faict demander, mais que, quant on leur presenta, qu'’ilz® le prindrent.

Le second point de leur charge où ilz s’arrestèrent, c’estoit que les dessusdictz Gantoys disoient que en plusieurs pointz, durant le temps qu'ilz avoyent esté avec le feu duc

a. peu omis par D. — b. tiroit par là P;tiroit pas de là M. — c. qu’ manque devant ilz dans À, B et M.

En ce qui concerne le procès des victimes de la tyrannie gantoise, les formes de justice furent mal observées et les accusations formulées par Commynes sont parfaitement fondées : il n’y eut qu’un simulacre de justice. Cf. Mlle Dupont, au t. II de son édition, p. 120.

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