Le sens est : aussi bien nous entendons äire
bon, si faindra-il « de ne vouloir faire mal ne tort ? à personne. Et en ay veü plusieurs experiences entre les grans personnages, lesquelz par le sçavoir ont esté retirézc de plusieurs mauvais propoz et souvent et aussi la crainte de la pugnition de Dieu, dont ilz ont plus congnoissance que les gens ignorans qui n’ont ne veü ne leü.
Doncques je vueil dire que ceulx qui sont mal sages, par faulte d’avoir esté bien nourriz! et que leur complexion? par adventure y ayde, n’ont # point de congnoissance jusques là * où s’extend le povoir et seigneurie que Dieu leur a donné sur leurs subgectz, car ilz ne l’ont point veü ne entendu par ceulx qui le sçavent. Peu les hantent/ qui # le saichent* ; et si aucuns en y a qui le sçavent, si ne le veullent-ilz dire de paour de leur desplaire ; et si aucun leur en veult faire quelque remonstrance, nul ne le soustiendra et, au myeulx venir ‘, on l’estimera fol et, par adventure, sera prins à plus mauvais sens pour luy.
Or fault donc conclure # que la raison naturelle ny nostre sens ne la craincte de Dieu ny l'amour de nostre prochain ne nous garde point d’estre violentz les ungs contre les autres ny de retenir l’autruy * ou de l’autruy oster par toutes voyes qui nous sont possibles ; ou, si les grans tiennent villes ou chasteaulx de leurs parens ou voysins, pour nulles raisons ne les veullent rendre ; et dès ce que une foiz ilz ont dit et fondé
a. si voudra il faindre P. — b. ne faire nul tort M ; ne vouloir faire nul tort P.— c. le sçavoir les a retiréz P.— d. ilz n’ont P. — e. à P.—f. hastent M.— g. qu'ilz le M ; qu'ilzne le À. — k. Dont fault conclure P.