DIEU PUNIT LES PRINCES
vertu et justice. Car nul autre n’en a le povoir en ce monde que luy:.
De prime face, les pugnitions de Dieu ne sont point de telle grandeur qu'elles sont à traict de temps!, mais nulle n’en advient à ung prince ou à ceulx qui ont le gouvernement sur ses affaires ou ? à ceulx qui gouvernent une grand communaulté, que l’yssue n’en soit bien grande et bien dangereuse pour les subjectz. Je ne appelle point leurs° malles fortunes sinon celles dont leurs subjectz se sentent : car4 tumber de cheval, se rompre une jambe, avoir une fièvre bien aspre, l’on s’en guaristt, et leur sont telles choses propices et en sont plus saiges ?. Les malles adventures sont quant Dieu est tant offensé qu’il ne le veult plus endurer, mais veult monstrer sa force et divine vertu/. Premier, il£ leur diminue le sens, qui est grant playe pour ceulx à qui il touche. Il trouble leur maison et la permect tumber en division et en murmure”. Le prince tumbe en telle indignation envers Nostre Seigneur, qu'il fuyt { les conseilz des saiges 3 et en eslieve de tous neufz, mal saiges, mal raisonnables, flateurs, qui luy complaisent à ce qu’il dit. S’il veult imposer ung denier, ilz dient deux. S'il menace’ ung homme, ilz dient qu'il le fault pendre, et de toutes autres choses le semblable, et que sur tout il se
a. en ce monde que luy omis ailleurs que dans D. — b. ne M. — c. de leurs P. — 4. de P. — e. se rompre une jambe, avoir une fiebvre bien aspre et puis se guérir M ; se rompre une jambe et puis s’en guérir, avoir une fiebvre bien aspre et puis se guérir P. — f. justice P. — g. il omis par P. — h. Phrase omise par M et P. — 3. tumbé en telle indignation vers Nostre Seigneur fuyt P. — j. menasse D. — k. le omis par P.
1. C'est-à-dire : au fur et à mesure, corrélativement (de façon à frapper immédiatement et à proportion les coupables).
2. Le sens est : de tels accidents leur sont favorables, car ils les ramènent à la sagesse.
3. Commynes, sans doute, pense ici au Téméraire. Cependant, il affecte de ne point faire de personnalité et s'applique visiblement à généraliser. Cf. des idées analogues au livre I, ch. van, t. I, P. 54.