Le sens de « et » ici est « ainsi que
prejudice de son royaume et craignoit la rompture dudict mariage pour la mocquerie qui jà s’en faisoit en Angleterre, et par especial de ceulx qui desiroyent la noyse et different.
Pour ung peu esclarcir cest article, le roy, nostre maistre, n'eut jamais vouloir d’acomplir ce mariage !, car l’aage des deux n’estoit point sortable, pour ce que“ la fille qui de present est royne d'Angleterre estoit trop plus vieille que monseigneur le daulphin, qui de present est nostre roy?. Ainsi, sur ces dissimulations, ung moys ou deux de terme gaigné en allant et en venant, est / rompue à son ennemy une saison de luy mal faire. Car sans doubte, n’eust esté l’esperance dudict mariage, le roy d'Angleterre n’eust empiece à souffert prendre les places, si près de luy, sans mectre peine de les deffendre ; et si, d’entrée, il se fust declaré pour ladicte damoyselle de Bourgongne, le roy, qui craignoit de mettre les choses en doubte et en adventure, n’eust pas de‘ tant affoibly ceste maison de Bourgongne comme il a.
Je ne diz ces choses principallement que pour donner à entendre comme les choses de ce monde se sont conduictes, ou pour s’en aider ou pour s’en garder‘, ainsy comme il pourra servir à ceulx qui ont ces grans choses en main et qui verront ces Memoires. Car, combien que leur sens soit grand, ung peu d'avertissement sert aucunes foysÿ. Il est vray que
a. car P.— b. est dans tous les manuscrits. B. de Mandrot corrige estoit. La correction n'est nullement nécessaire. — c. de omis par M.—d.et P.
1. Il s’agit de l’union projetée entre Élisabeth d'Angleterre et le dauphin.
2. Élisabeth, née le 16 février 1465, avait cinq ans passés de plus que Charles VIII, né le 30 juin 1470.