SUCCÈS DE LOUIS XI DANS LE NORD
il l’auroit conquis, et semblablement celuy de Brabant, et que les Angloys n’avoyent point fort ceste guerre aggreable à cause des frequentations de leurs marchandises! ; mais qu’il pleüst au roy, puisqu'il luy plaisoit faire part de sa conqueste, luy baïller quelques places de celles que jà il avoit conquises en ceste Picardye, comme Boulongne ?et autres, et que, en ce faisant, il se declaireroit pour luy et envoyeroit gens à son service, en les payant, qui estoit bien saige responce.
[CHAPITRE Il]
COMMENT PLUSIEURS TRAICTÉZ DE MARIAGE SE POURPARLOYENT POUR MADAMOYSELLE DE BOURGONGNE ET COMME FINABLEMENT LE MARIAIGE D’ELLE FUT FAICT AVECQUES MAXIMILIAN, FILZ DE L'EMPEREUR".
Ainsi, comme devant ay dit, alloyent et venoyent ces marchéz entre le roy et le roy d'Angleterre pour tousjours gaigner temps et se affoiblissoit ladicte damoyselle de Bourgongne. Car, de ce peu de gens de guerre qui luy estoient demouréz après la mort de son père, plusieurs se tournèrent du party du roy, et par especial après ce que monsr des
a. Titre en rouge dans D. Suit la miniature n° 13, analysée dans notre Introduction, p. XXII.
1. L'argument est le suivant : les Anglais n’ont aucun désir d’entreprendre une guerre en Flandre, pays où ils ont d’actives relations commerciales.
2. John Paston écrivait de Calais, en avril 1477, que Boulogne vaudrait 40,000 livres pour l’Angleterre (Gairdner, The Paston letters, t. III, p. 191) ; mais les Français y tenaient trop pour céder la place (Recueil des ordonnances des rois de France, t. XVIII, p. 350; Molinet, Chroniques, éd. Buchon, t. II, p. 23). La contreproposition anglaise n'avait aucune chance d’être prise au sérieux.