Le sens est « se récuser, se dérober
3. Commynes veut dire qu'après le démenti infligé à Marie de Bourgogne, le mariage avec le dauphin, déjà malaisé à cause de la différence d'âge, n'était plus négociable, et dès lors que quiconque l’eût essayé y eût échoué.
4. Il s’agit de Jeanne de la Clite, dame d’'Hallwin. Elle était cousine de Commynes.
damovyselle, laquelle dist, comme il me fut rapporté, qu'ilz avoyent besoing d’ung homme et non point d’ung enfant, disant que sa maistresse estoit femme pour porter enfans et que de cela le pays avoit besoing ; et à ceste oppinion se tindrent‘!. Aucuns blasmèrent ladicte dame d’avoir si franchement parlé, autres l’en louèrent, disant qu’elle ne parloit que de mariaige et de ce qui estoit très necessaire au pays. Ainsi il ne fut plus nouvelles que de trouver cest homme. Et croy veritablement que si le roy eust voulu qu'elle eust espousé mons' d’Angoulesme, qui est de present?, que elle l’eust fait, tant desiroit demourer allyée de la maison de France.
Or Dieu voulut ? dresser ung autre mariage, et par adventure ne sçavons pas encores pourquoy Dieu l’a ainsi voulu. Nous voyons par ce qui est passé que de ce mariage qui fut faict sont‘ sortiz plus grans guerres, tant deçà que delà, qu’il n'eust fait, si elle eust espousé monsr d’Angoulesme, et en ont porté les pays de Flandres. de Brabant et autres grandz persecutions * 4,
Le duc de Clèves estoit à Gand avec ladicte damoyselle
a. P et M ajoutent tous. — b. vueille D. — c. son D.— d. P seul ajoute : et ne savons quelle en sera la fin.
1. L'argument était sérieux et ne peut nullement passer pour un simple prétexte.
2. Il s’agit du comte Charles d'Angoulême, père de François Ier.
3. Commynes n’a pas assez vécu pour constater jusqu’au bout les conséquences du mariage austro-bourguignon, d’où devait sortir la puissance de Charles-Quint. Cf. J. Calmette, L'origine bourguignonne de l'alliance austro-espagnole, dans le Bulletin de la Société des Amis de l’Université de Dijon, 1905, p. 57-84 ; Durr, Karl der Kühne und der Ursprung des Habsburgisch-Spanischen Imperiums, dans la Historische Zeitschrift, t. CXIII, 1914, p. 22-55, et du même, Ludwig XI, die aragonesich-castilianische Heirat und Karl der Kühne, dans les Mitteilungen des Instituts für osterreichische Geschichtsforschung, t. XXXV, 1914, p. 297-332, études dont il a été fait un compte-rendu dans les Annales du Midi, t. XXIX (1917), p. 329-330.
qui cerchoit fort amys leans! pour cuyder“ conduyre le mariage de son filz avec ladicte damoyselle, laquelle n’y estoit pas encline et ne luy plaisoyent pas les condicions ? dudict filz de Clèves ne à ceulx qui estoient auprès d'elle.
Ainsi doncques commencèrent à practiquer le mariage du filz de l’empereur, de present roy des Romains, dont autresfoys avoit esté parolles entre l’empereur et le duc Charles, et la chose accordée entre eulx deux. Aussi avoit une lettre faicte de ladicte damoyselle, du commandement de son père, et donné ung anneau où il y avoit ung dyamant ; et contenoit ladicte lettre comment, et en ensuyvant le bon plaisir de son seigneur et père, elle promectoit au duc d’Autriche, filz dudict empereur, accomplir le mariage pourparlé, en la manière et selon le bon plaisir de sondict seigneur et père #.
L'empereur envoya certains embassadeurs devers ladicte damoyselle, laquelle estoit à Gand ; et arrivéz que furent lesditz embassadeurs à Brucelles, leur fut escript qu'ilz attendissent là encores et que l’on envoyeroit devers eulx. Et cela feït ledit duc de Clèves, qui ne desiroit point leur venue et taschoit à les faire retourner mal contens. Mais lesdictz embassadeurs, qui” jà avoyent intelligence en la maison et par especial à‘ la duchesse de Bourgongne douairière, laquelle estoit dehors, comme avez ouy, et separée de ladicte damobyselle, passèrent oultre, car elle les advertit, comme me fut dit, qu’ilz marchassent tousjours, nonobstant lesdictes lettres ; et aussi leur manda% ce qu’ilz devoyent faire quant
a. À ajoute fort. — b. qui omis par P. — c. avec P. — d. separée de ladite damoiselle à cause de ces lettres, laquelle les advertit, comme il me fut dict, qu’ilz passassent oultre, non obstant leurs lettres, et aussi manda P.
1. Entendez : là, c’est-à-dire dans l’entourage de Marie de Bourgogne.