‹ Mémoires éditésChapitre 285 sur 379 · Cf. ci-dessus, p. 273, n · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 273, n

2. Le récit le plus complet sur la bataille est celui de Molinet, Chroniques, éd. Buchon, t. II, p. 204-211; cf., sur les pertes bourguignonnes, une lettre de Charles Visconti à la duchesse de Milan, 1er septembre 1479, publiée par Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Philippe de Commynes, t. I, p. 290. Il est évident qu'il y a une énorme exagération dans le fragment de Thomas Basin évaluant, d’après des bruits, les pertes françaises à huit ou dix mille francs-archers (Thomas Basin, Fragments inédits, éd. L. Delisle, Notice et extraits des manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. XXXIV, 2° partie, p. 18); mais les francs-archers furent complètement disqualifiés du fait de cette journée.

LOUIS XI RECHERCHE LA PAIX (août 1479) 277

luy. Et s’il y avoit dedans quelque cappitaine ou autre qui eust povoir de la bailler pour argent et qu'il voulsist pratiquer avec luy, il povoit estreseür qu’ilavoit trouvé marchant, et ne l’eust-on sceü espoventer à luy demander grant somme, car liberallement l’accordoit*.

Il eut effroy de prime face de ceste bataille !, cuydant que l’on ne luy en deiïst ? la verité et qu’elle fust de tous pointz perdue; car il sçavoit bien que, si elle estoit perdue, qu’il avoit perdu tout ce qu’il avoit conquis sur ceste maison de Bourgongne et en ces marches là, et le demourant en grand hazard. Toutesfois, quant il sceüt la verité, il eut pascience et delibera de y donner ordre en façon que l'on n’entreprendroit pas telles choses sans son sceü ?. Et fut très content de mons' des Cordes.

[2.] Comment, après la journée de Guygnegate, le roy se delibera d’avoir paix avec l’archeduc d'Autriche et la princesse de Bourgongne, sa femme, et des moyens qu'il commença pour traicter le mariage de monseigneur le daulphin et de madame Marguerite, fille des dessusditzc. — Dès ceste heure-là, delibera de traicter paix avec ce duc d'Autriche, mais qu'il la peüst faire * de tous pointz à son advantage et que, en la faisant, il bridast si bien le duc par le moyen de ses subjectz propres (qu’il congnoissoit enclins à ce qu'il cerchoit) qu'il n’eust jamais povoir de luy mal faire.

a. P ajoute : ce que l’on luy demandoit ou la pluspart. M et À omettent ou la pluspart. B et D sont d'accord pour arrêter la phrase après l’accordoit. — b. dist point P.— c. Titre en rouge dans D.

1. L'interpolateur de Jean de Roye, éd. B. de Mandrot, t. II, P- 393, confirme le dépit de Louis XI au lendemain de la bataille de Guinegatte et rapporte les propos amers qu'il tint à cette occasion.

2. C'est-à-dire : afin que dorénavant.on ne risquât pas une bataille sans lui en référer.

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