‹ Mémoires éditésChapitre 312 sur 379 · Marguerite d'Autriche · texte numérisé non relu

Marguerite d'Autriche

3. Cf. ce qu'a déjà dit à ce sujet Commynes plus haut, p. 245.

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Autant luy en disoyent les embassadeurs qui continuellement estoient en Angleterre, de par les duc et duchesse d’Autriche, et les Bretons et autres, mais de tout ce ne croyoit riens. Mon oppinion est qu’il ne luy procedoit point tant d’ignorance comme il faisoit d’avarice, et pour ne perdre point cinquante mil escuz que le roy luy donnoit ne pareillement de ne laisser‘ point ses ayses ne ses plaisirs, où il estoit fort adonné.

Sur le faict de ce mariaige se tint conseil / une journée à Hallatz‘! en Flandres, et y estoit le duc d'Autriche, à present .roy des Romains ?, et gens deputéz de par les troys Estatz de Flandres, Brabant et autres pays appartenans audit duc et à ses enfans. La feïrent les Gantoys plusieurs choses contre le vouloir dudict duc, comme de bannyr gens, d’en oster de auprès son filz, et puis luy dirent le vouloir qu'ilz avoyent que ce mariaige dont j’ay parlé se fist pour avoir paix, et le luy feïrent accorder, voulsist ou non. Il estoit fort jeune, mal pourveü de gens de grant sens ° ; car le tout en ceste maison de Bourgongne estoit mort ou tourné des nostres, ou peu s’en failloit : j'entendz de grandz personnaiges ne qui l’eussent sceü conseiller et/ ayder. De son costé, il estoit venu mal accompaigné. Et puis, pour avoir perdu sa femme, qui estoit princesse du pays dessusdict, il n’osoit parler si audacieusement qu'il avoit fait d’autres foys. Et, pour abbreger ce propoz, le roy en fut adverty par le seigneur des Cordes, lequel en’ fut très joyeux. Et fut prins le jour de luy amener sa” fille à Hedyn. Peu de jours avant,

a. ne aussi ne laisser P. — b. conseil omis par P. — c. Lisle D, par erreur; même leçon dans le « Vieil Exemplaire »; Hallons P. Nous adoptons la leçon commune à À, B et M.— d.em-

près M. — e. mal pourveü de grans gens P ; mal pourveü de grant sens À. —f.ne M.—g.et P.—h.la P.

1. Alost, en Flandre, sur le Dender (Belgique). Le mot « journée » désigne une conférence pour laquelle on a pris jour.

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