Philippe de Bourgogne, seigneur de Bèvres
5. Entendez : les enfants de Marie de Bourgogne, héritiers de Flandre.
6. Baudouin de Lannoy, chambellan et premier maître d’hôtel de Marie de Bourgogne.
7. Ce secrétaire doit être Jean d’Affay ; mais il y avait d’autres négociateurs, notamment Jean de Lannoy, Jacques de Goy, l’abbé d’Afflighem, Gossuin. Dans l’éd. Lenglet, t. IV, 17e partie, p. 116 et suiv., sont imprimés les pouvoirs de Louis XI à ses plénipotentiaires, en date du 4 décembre 1482. Le traité d'Arras (23 dé-
Commynes, II. 20
302 TRAITÉ D’'ARRAS (23 décembre 1482)
Le roy estoit jà fort bas et à grand peyne se vouloit laisser veoir et feït grand dificulté de jurer‘ les traictéz faictz en ceste matière ; mais c’estoit pour n'’estre point veü. Toutesfois il les jura. Ilz luy estoyent avantaigeux, car il avoit plusieurs foys voulu le mariage et ne vouloit que la conté d’Artoys ou celle de Bourgongne, l’une des deux, et messrs de Gand (ainsi les appelloit-il) les luy feïrent bailler toutes deux, et celles de Charroloys, de Masconnoys et d’Auxonnoys?. Et s’ilz luy eussent peü faire bailler celles de Haynault et de Namur et tous les subjectz de ceste maison, qui sont de la langue française, ilz l’eussent voulentiers faict pour affoyblir leurdict seigneur.
Le roy nostre maistre estoit bien saige et entendoit: bien ce que c'estoit que de Flandres! et que ung conte dudict pays, sans avoir le pays d’Artoys, qui est assis entre le roy de France et eulx, est {comme leur bride, car ils’en tire‘ de bonnes gens de guerre pour les ayder à chastier ? quant ilz faisoyent/ les folz et, pour ce, en ostant audict conte de Flandres ledict pays d’Artoys, il le laissoit le plus pouvre seigneur du monde et sans avoir obeissance, sinon au plaisir de ceulx de Gand. Et de ceste ambassade dont j’ay parlé estoient les principaulx Guillaume Rin et Coppenol*, le gouverneur de Gand, dont j’ay parlé cy-dessus.
a. jurez D. — b. Auxerroys D. — c. qui estoit bien saige, entendoit P. — d. et D; et est P. — e. tiroit P. — f. feront P.
cembre 1482) est reproduit en fac-similé, d’après l’exemplaire alors publié, dans Picot et Stein, Recueil des pièces imprimées sous le règne de Louis XT (Paris, 1923), p. 289-290.
1. Louis XI spéculait, en effet, sur les sentiments et les intérêts des Flamands, et, n’ayant pu démembrer l'État bourguignon d’accord avec l'Angleterre, comme il a été dit ci-dessus, p. 248, s’applique à diminuer la puissance de la maison d'Autriche, héritière de la maison de Bourgogne, de connivence avec les Gantois.