RICHARD III ET LES ENFANTS D'ÉDOUARD
eust bien voulu avoir® ceste pension dessusdicte’, mais le roy ne voulut respondre à ses lettres ne oyr le messaigec et l’estima très cruel et mauvais : car, après le trespas dudit roy Edouart, ledict duc de Clocestre avoit faict hommaige à son nepveu comme à son roy et souverain seigneur ; et incontinent commist ce cas! et, en plain parlement d'Angleterre, feit degrader deux filles dudict Edouard et declairer bastardes, sous coulleur qu’il prouva, par ung evesque de Bas en Angleterre ?, qui autresfoys avoit eu grand credit avec ledict roy Edouard, et puis le desappointa et le tint en prison, puis après le ransonna d’une somme d'argent. L’evesque dessusdit disoit que ledit roy Edouard avoit promys foy de mariage à une dame d'Angleterre (qu’il nommoit) pour ce qu'il en estoit amoureux, pour en avoir son plaisir, et en avoit faict la promesse en la main dudict evesque. Et sur ceste promesse couchat avec elle, et ne le faisoit que pour la tromper. Toutesfois, telz jeux sont bien dangereux : tesmoing ces enseignes 5.
J'ay veü beaucoup de gens de court que, s’il leur fust advenu une bonne adventure qui leur eust pleü‘, en tel cas ilz ne l’eussent point perdue par faulte de promettre. Et ce mauvais evesque garda ceste vengeance en son cueur par adventure vingt ans. Mais il luy en mescheüt ; car il avoit ung filz qu'il aymoit fort, à qui ledict roy Richard vouloit faire de grandz biens et luy faire espouser l’une de ces deux filles / degradées de leurs dignitéz, laquelle à present est royne d’Angleterre et a de beaulx enfans{. Ledit filz estoit en ung navyre
a. ravoir P. — b. dessusdicte omis par P.—c. messaigier M. — d. de omis par P. — e. qui, une bonne adventure qui leur eust pleü P.— f. la mere de ces deux filles P. I! faudrait, en tout cas, comprendre la maire (l’aînée), comme le suggère B. de Mandrot. La leçon de D que nous suivons élimine toute difficulté.