Il s’agit de Louis de Sainville
4. C'est-à-dire : adressées. La forme « adressant » est courante au xv® siècle.
DUPLICITÉ DU COMTE DE SAINT-POL (août 1475) 37
creance sur ledict duc de Bourgongne. Oultre et davantaige envoyoit ung séellé audict duc de Bourgongne, par lequel il luy promectoit de le servir et secourir, et tous ses amys et alliéz, tant le roy d'Angleterre que autres, envers et contre tous ceulx qui povoient vivre et mourir, sans nul® excepter.
Le duc de Bourgongne baïlla au roy d'Angleterre sa lettre et dist sa creance ; et la feït ung peu plus grasse qu’elle n’estoit !, car il asseüroit le roy d'Angleterre que ledict connestable le mectroit dedans Sainct Quentin et dedans toutes ses autres places. Le roy Edouard le creüt ? assez tost, car il avoit espousé la nyepce du connestable?, et si luy sembloit en si grant craincte du roy qu'il n’oseroit faillir à ce qu'il promectoit audict duc de Bourgongne‘. Mais les pensées du connestable ny lai paour qu'il avoit du roy ne le conduysoient pas encores jusques là ; mais luy sembloit encores qu’il useroit de dissimulation, comme il avoit accoustumé, pour les contanter, et qu'il y mectroit si evidentes raison en avant qu'’ilz auroient encores pacience, sans le contraindre à se declairer.
Le‘ roy Edouard ne ses gens n’avoient point fort practiqué les faictz de ce royaulme et alloient plus/ grossement en besongne?; par quoy ne peürent si tost entendre les dissimulations dont on use deça et ailleurs. Car, naturellement, les Angloys qui ne sont jamais partyz d'Angleterre sont fort collericques : si sont toutes les nations de pays froid. La nostre, comme vous voyez, est située entre les ungs et les
a.nulz À. — b. ledit roy le creüt P et M. — c. P et M ajoutent etaluy. — d. sa P. — e. Ce P. — f. plus omis par P et M.
1. Commynes veut dire, par cette expression savoureuse, que le duc exagéra quelque peu.